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Northwest Airlink 3701 : Core Lock à 41000 pieds

Accident | Crashs liés à des pannes mécaniques | Erreurs de Conception | Jugement / Décision

CRJ-200
CRJ-200, Jet Regional, impliqué dans l'accident

Les vols de repositionnement sont des vols dont le but est de déplacer un avion sans passagers ou charge marchande sur le lieu de son prochain vol. Les compagnies cherchent à les éviter au maximum, mais ils s’imposent d’eux-mêmes en cas de problèmes techniques ou de météo trop défavorable obligeant des appareils à se rendre sur des terrains qu’ils quitteront sans passagers.

Le Northwest Airlink 3701 du 14 octobre 2004 était justement l’un de ces vols. Les deux pilotes devaient repositionner un jet régional, CRJ-200, depuis Little Rock National à Minneapolis International.

CRJ-200
Trajet planifie (1100 km) ainsi que le lieu du crash.

Cinq secondes après le décollage, alors que l’appareil est à moins de 200 pieds sol, le manche est tiré brutalement provoquant un facteur de charge de 1.8 G et un cabré de 22 degrés. Le variomètre saute à 3000 pieds par minute et l’aiguille du badin revient en arrière. Quelques secondes plus tard, l’avion est au bord du decrochage. Le manche vibre et un dispositif automatique le pousse vers l’avant. L’accélération passe à 0.6 g et l’avion se stabilise en reprenant des paramètres normaux. Ce n’est que le début…

A 14000 pieds, le pilote automatique est rapidement branché et les deux membres d’équipage s’échangent leurs places. Le commandant de bord passe à droite et le copilote prend le siège du pacha. L’ambiance se relaxe de plus en plus.

Au passage des 15000 pieds, le pilote automatique est débranché et le manche tiré suffisamment pour obtenir 2.3 g et une vitesse ascensionnelle digne d’un avion de chasse : 10000 pieds par minute ! Bien sûr, ce n’est pas une performance naturelle. Le CRJ-200 troque encore une fois de la vitesse contre de l’altitude.

L’expérience est encore recommencée vers le niveau 250. Cette fois, le DFDR enregistre 1.87 G et près de 9000 pieds par minute de taux de montée. Les pilotes réalisent également des dérapages à droite et à gauche dont certains impliquent un débattement jusqu’en butée de la gouverne de direction.

Avec une telle détermination, l’avion est à son niveau de croisière planifié par la compagnie, le FL330, en à peine un quart d’heure. Cependant, les pilotes ne vont pas en rester là. Au sein de la compagnie, existait une confraternité informelle appelée « club 410 ». Pour y entrer, il fallait avoir volé le CRJ-200 à son altitude maximale certifiée en croisière, à savoir le niveau de vol 410.

A 21:35, après en avoir rapidement discuté, les pilotes demandent au contrôleur de leur donner le niveau de vol 410. Celui-ci est immédiatement assigné et la montée recommence ; rapidement au début, puis elle se poursuit à 500 pieds par minute. A 21:52, les pilotes sont admiratifs devant l’altimètre qui indique 41000 pieds et des poussières. Pourtant, il n’y a pas que lui qui indique des valeurs étonnantes. Au passage du niveau 370, la vitesse affichée n’est que de 203 nœuds et mach 0.63. Quand l’appareil atteint le 410, le badin n’indique que 163 nœuds et mach 0.57

Le commandant quitte son siège pour aller chercher de quoi fêter la prouesse. Il revient avec une canette de Pepsi et s’excuse de ne pas avoir de glaçons. Le contrôleur aérien est un peu bluffé par la situation, il contacte les pilotes :

- 3701, vous êtes bien dans un RJ-200 ?
- Affirmatif ! confirme le commandant de bord
- Je ne vous ai jamais vu aussi haut les gars
[Rires de l’équipage]
- On n’a pas de passagers, on a décidé de nous amuser un peu et monter ici
- Je vois
- C’est le plafond de cet appareil

Il est 21:57, le commandant de bord vient de terminer l’échange avec le contrôleur de Kansas City. L’appareil est au niveau 410 depuis 5 minutes quand les problèmes commencent.

La vitesse baisse progressivement vers 150 nœuds. Le commandant rappelle immédiatement le contrôleur pour lui annoncer qu’après tout ils ne pourront pas tenir le 410 et ils doivent descendre au 370. Il n’a pas finit sa phrase que le vibreur de manche s’active annonçant la proximité du decrochage. L’avion est instable et la consommation des réacteurs commence à baisser signe d’une panne imminente. Cinq fois de suite le vibreur de manche s’active et un ordre à piquer est automatiquement introduit. Au lieu de rendre le manche et laisser l’avion reprendre de la vitesse, les pilotes s’acharnent à tenir l’altitude et tirent sans arrêt sur les commandes.

En quelques secondes, l’avion se cabre brutalement à 29 degrés, il monte à 42000 pieds et la vitesse baisse à 74 nœuds. Les ailes décrochent et l’avion s’incline de 82 degrés à gauche. Le nez passe 32 degrés sous l’horizon mais le pire est encore à venir. Apres une bataille qui leur fait perdre 8000 pieds en 14 secondes, les pilotent redressent l’avion vers 34000 pieds. A ce moment, les indicateurs du fuel flow des deux réacteurs tombent à zéro. Entretenu par le vent relatif, le N1 continue à tourner en baissant progressivement. Les deux moteurs se sont éteints. L’avion plonge dans la nuit en vol plané à 180 nœuds.

En effet, les réacteurs ne supportent pas les perturbations du flux d’air qui arrive à l’entrée. C’est pour cette raison que les avions de voltige sont toujours à hélices. Même les jets militaires à très haute performance ne peuvent pas tout se permettre. Si les moteurs sont au ralenti, ils peuvent encore pardonner mais à la puissance de croisière, une figure de voltige réalisée suite à une perte de contrôle peut provoquer l’extinction des moteurs.

Vers 29000 pieds, les pilotes réussissent à démarrer l’APU qui fournira du courant électrique à la place de la batterie qui ne sait alimenter que les circuits vitaux. La check-list de l’appareil explique que pour relancer les deux réacteurs éteints en vol, il faut piquer jusqu'à atteindre 300 nœuds. Une telle manœuvre peut couter jusqu'à 5000 pieds ; effet montagnes russes garanti.

La plongée permet de fournir un vent relatif assez puissant pour entrainer en rotation forcée les attelages compresseurs-turbines basse et haute pression (N1 et N2). A ce stade, il suffit d’ouvrir l’allumage et le carburant pour que les réacteurs se lancent.

Les pilotes commencent la manœuvre, mais déduisent tout de suite qu’elle ne va pas aller très loin. Malgré l’augmentation de la vitesse, l’attelage haute pression, N2, ne bouge même pas. Son aiguille de tours reste sur zéro comme s’il avait été soudé.

Il reste encore une option, mais jouable à plus faible altitude seulement : utiliser la pression d’air fournie par l’APU pour relancer les moteurs. Des le passage dès 13000 pieds, ils essayent. Quatre tentatives sont réalisées et à chaque fois, l’aiguille du N2 ne bouge même pas. Le crash semble de plus en plus concret.

Dans le manuel de l’appareil, il est indiqué que l’APU peut fournir de la pression pneumatique jusqu'à une altitude maximale de 15000 pieds. Par contre, les documents ayant servi à sa conception montrent qu’elle est en réalité opérationnelle jusqu'à 21000 pieds.

Le contrôleur suggère à l’équipage l’aéroport de Jefferson City et leur donne la fréquence ILS pour la piste 30. C’est pourtant trop tard. Même en planant selon un angle parfait, il n’est plus possible de rejoindre cet aéroport qui se trouve déjà trop loin.

Le copilote, qui est aux commandes, ne voit pas la piste. Il est paniqué mais le commandant, qui ne la voit pas non plus, se veut rassurant :
- Je vois les lumières
- où ca ?
- Tout droit
- Tout droit, nous sommes sur l’approche ?
- oui, puis tourne légèrement sur la droite
- Je tourne un peu à droite ?
- Non, reste dans cette direction
- Je reste dans cette direction ?
- Oui
- Je ne crois pas qu’on va le faire !
- Je crois que nous sommes ok
- Mais elle est où ? Je ne le sais pas !

Cette fois, même le commandant de bord perd sa confiance :
- On ne va pas le faire mec, on ne va pas le faire ! lance-t-il

Le GPWS sent la proximité du sol et lance une alarme au sujet du train d’atterrissage toujours rentré : Too Low Gear ! Il va en envoyer de plus en plus d’alarmes jusqu'à l’impact.
- Garde ce train rentré, je ne veux pas aller dans les maisons. On dirait qu’il y a une route la !
- Où ça ?
- Tourne ! Tourne !
- Je tourne où ?
- Tourne à ta gauche, a gauche !
Too Low Gear
- Je la vois, je ne peux pas
Too Low Terrain
- Je n’y arriverais pas
Whoop whoop pull up! Whoop whoop pull up!
- On va se prendre les maisons dude!
Whoop whoop pull up!
Sons similaires à ceux d’un impact
Fin de l’enregistrement

L’appareil percute d’abord des arbres avec ses ailes. Ceci-ci a l’effet de le retourner pratiquement sur le dos. A l’impact, c’est le nez qui touche en premier et les pilotes sont tués sur le coup. Plusieurs jardins et des garages sont endommagés. Les maisons sont évitées de justesse. L’aéroport était encore à 4 kilomètres.

Le Core Lock :
Des le départ, les enquêteurs se sont penchés sur le core lock. Ce phénomène très peu connu des pilotes peut arriver sur un réacteur qui s’arrête brutalement en vol pour une quelconque raison. En effet, quand on arrête un réacteur alors que l’avion est au sol, les différentes parties vont refroidir lentement et de concert. Dans ce cas là, il n’y a pas de souci. Par contre, si le réacteur s’arrête en vol, la partie externe va refroidir plus vite à cause de la circulation d’air. Elle va se contracter et venir au contact des turbines qui seront bloquées, voir même définitivement endommagées.

Bombardier avait identifié ce problème sur les réacteurs de type General Electric CF34-1 et CF34-3 dès 1983 lors des tests de certification du premier appareil de la série Challenger. Avant la livraison, les pilotes d’essai appliquaient un test à chaque appareil sorti des chaines de montage. Tout d’abord, ils réalisaient une montée jusqu'au niveau 310. Puis, la manette du réacteur à tester était ramenée jusqu’au ralenti vol pendant 5 minutes. Apres ce temps là, le moteur était coupé et une descente entamée à une vitesse de 190 nœuds. Puis, le pilote laisse la vitesse chuter jusqu'à ce que l’attelage N2 s’arrête complètement et son indicateur de tours par minute tombe à zéro.

A huit minutes et demi précisément après l’arrêt, le pilote pousse le manche ainsi que le réacteur restant pour obtenir une vitesse de 320 nœuds. Si au passage du niveau 210 l’aiguille du N2 n’a pas décollé de zéro, le réacteur est considéré comme en core lock et le pilote d’essai n’insiste plus.

Un réacteur qui bloquait de la sorte avait besoin d’un supplément d’usinage pour créer un jeu un peu plus large entre les extrémités des aubes des turbines et le stator qui est fixe autour. Cet usinage se faisait par une procédure en vol. En fait, le pilote attend que le réacteur refroidisse et le relance à l’aide de l’APU. Puis, il recommence le même test cité plus haut à la différence prés que lors de la descente, la vitesse maintenue est de l’ordre de 240 nœuds et le N2 gardé autour de 4% pendant huit minutes et demi. Durant cette phase, les aubes de la turbine grattent contre leur stator qui est muni d’une garniture conçue pour s’éroder lors de ces frictions.

Apres cela, le test de core lock est répété. Si le N2 bloque, la procédure de friction est recommencée et ainsi de suite jusqu'à ce qu’il n’y ait plus de blocage.

D’après les techniciens de Bombardier, aucun réacteur livré en ligne n’était sensé bloquer tant que la vitesse était maintenue à 240 nœuds ou plus.


Réacteur double flux. Les flèches rouges indiquent l'endroit où le core lock se produit. C'est à cet endroit que l'écart de température est maximal entre l'attelage tournant et l'extérieur. Les turbines basse pression ne sont pas concernées parce qu’elles sont moins chaudes d’une part, et d’autre part, elles sont directement connectées à la soufflante qui les entraine.


Quand un réacteur est en régime de croisière, certaines parties atteignent des températures dépassant les 1000 degrés. A ce moment, il y a un équilibre qui fait que les jeux entre les différentes pièces sont à leur optimum. Par contre, si le réacteur est subitement éteint, ses parties ne vont pas refroidir à la même vitesse parce qu’elles n’ont pas la même constitution ni la même exposition au vent relatif. Ceci donne des taux de contractions différents qui peuvent aboutir à un grippage temporaire. C'est-à-dire un grippage qui va persister jusqu'à ce que le core interne du réacteur refroidisse à son tour. C’est pour cette raison que les réacteurs sont toujours arrêtés après quelques minutes de fonctionnement à un régime faible et stabilisé qui permet de réduire au minimum les écarts de température.

L’arrêt qui survient à haute altitude est le plus critique. A ce moment, le core interne est le plus chaud alors que le stator est exposé à un puissant souffle d’air qui le refroidit. Même le test réalisé par Bombardier n’est pas très réaliste dans le sens où le moteur est arrêté après un temps de ralenti de 5 minutes. Après l’accident, Transport Canada a demandé au constructeur d’abaisser ce temps à 2 minutes. En fait, même abaissé de la sorte, ce temps laisse le NTSB inquiet sur le fait que la démonstration d’un redémarrage en vol après panne n’a pas été apportée. Ceci reste pourtant une obligation légale d’après le CFR 14 article 25.903. Encore une fois, on constate que les normes de certification sont parfois validées à la légère. Les cimetières sont pleins de pilotes qui ont voulu aller voir de près les limites, même certifiées, d’un avion.

Sur l’avion accidenté, le réacteur numéro 1 a bloqué alors qu’il avait passé avec succès les tests core lock de Bombardier. Le réacteur 2 a bloqué aussi mais, à la décharge du constructeur, il n’a jamais été soumis à ces tests parce qu’il a été installé plus tard sur l’appareil en remplacement de son moteur numéro 2 d’origine.

Pénalité à 240 nœuds :
La meilleure vitesse de plané pour un CRJ-200 est de l’ordre de 170 nœuds. Si le pilote affiche cette vitesse en cas de panne des deux moteurs, il aura la possibilité de parcourir une distance maximale et donc accès a un nombre croissants d’aéroports se prêtant à un atterrissage d’urgence. Cependant, pour ne pas prendre le risque de bloquer le core interne, N2, les pilotes doivent, d’après le constructeur, maintenir une vitesse de 240 nœuds. Cette vitesse est à maintenir jusqu'à ce qu’un démarrage en vol puisse être tenté. Si c’est un démarrage par l’APU, 240 nœuds suffisent. Si faut le faire en utilisant le souffle du vent relatif, il faut encore pousser sur le manche pour afficher au moins 300 nœuds.

Trajectoire
Voici les vitesses à maintenir en cas de double panne moteur sur un CRJ-200.
Pour tenir 300 nœuds avec un tel appareil, il faut piquer de 8 degrés et être prêt à
perdre 5000 pieds dans la manœuvre. La vitesse optimale pour planer est de 170 nœuds.

Le problème avec les 240 nœuds, c’est qu’ils représentent une vitesse qui n’est pas optimale pour du vol plané. Le pilote doit afficher un taux de chute élevé et donc parcourir une distance plus courte. Si jamais le démarrage d’un moteur au moins s’avère impossible, il restera encore moins de terrains accessibles en vol plané.

Susceptibilité des autres réacteurs au core lock :
Etant donné la similarité des techniques de fabrication, des réacteurs d’autres modèles et d’autres fabricants que General Electric doivent être sujets au core lock s’ils venaient à s’éteindre a haute puissance et à haute altitude. Le NTSB a recommandé à la FAA de lancer une étude sur la question et surtout de déterminer dans quelle mesure et comment redémarrer un de ces réacteurs si jamais le N2 tombe effectivement à zéro. Des instructions claires sur ce risque doivent être communiquées aux pilotes et figurer également en bonne place dans le manuel des appareils concernés.

Démarrage en vol :
Les premières générations de réacteurs avaient la totalité de l’air qui arrivait à l’entrée qui traversait la zone haute pression et les chambres de combustion. C’était des réacteurs à simple flux. Ils étaient faciles à démarrer en vol. On raconte même des démarrages réussis au sol grâce au souffle des moteurs d’un autre avion ! Cette époque est révolue…

Les réacteurs d’aujourd’hui sont à double flux à fort taux de by-pass qui fait que seul 10 à 20% de l’air qui arrive à l’entrée traverse effectivement le core central, N2. Il faut donc encore plus de vitesse pour obtenir un flux suffisant au démarrage en vol. Sur l’avion accidenté, les réacteurs avaient un taux de by-pass de 85%.

Reacteur simple flux
Ancienne technologie : réacteur simple flux. Tout l'air qui arrive a l'avance, circule dans
le cœur du réacteur. Le démarrage en vol est plus facile.

La réglementation ne pose aucune limite à la vitesse nécessaire, ni à l’altitude qu’il serait nécessaire de sacrifier pour pouvoir relancer un réacteur moderne. En 1999, la FAA a lancé une consultation des principaux acteurs sans que ceci n’aboutisse à une quelconque avancée sur ce point. Le NTSB a formellement demandé l’établissement d’une limite de vitesse maximale pour le redémarrage en vol des réacteurs ainsi qu’une limite maximale de l’altitude qu’il serait nécessaire de perdre pour les relancer.

Performances d’appareil :
D’après les manuels fournis par la compagnie aérienne, la montée vers 41000 pieds devait se faire sans jamais passer sous une vitesse indiquée de 250 nœuds. L’altitude réelle que peut atteindre l’avion dépend de son poids mais également de la densité de l’air. Plus il fait chaud, moins il sera possible de monter. Le jour de l’accident, la tropopause était à seulement 26700 pieds. A 41000 pieds, il faisait une température de -47.1 soit prés de 10 degrés trop chaud par rapport à l’atmosphère standard à ce niveau. Ceci donne une altitude densité plus élevée que 41000 pieds et donc moins de performances au niveau aérodynamique ainsi qu’au niveau des moteurs.

En conséquence, même à vide, l’appareil ne pouvait pas maintenir le taux de montée de 500 pieds qui lui avait été imposé. C’est pour cette raison que dès le niveau 370, on assiste à une situation de troc vitesse contre altitude. La vitesse passe ainsi de 203 à 163 nœuds durant cette phase. Pour tenter ce niveau, le mode approprié au pilote automatique est le mode maintient de vitesse. Or, de par leur inexpérience avec les performances de cette machines, les pilotes avaient utilisé le mode vitesse verticale. Celui-ci garde comme objectif un variomètre précis et ne fais pas cas de la vitesse qui peut aller jusqu’au decrochage si nécessaire.

En 11 novembre 1979, l’équipage d’un DC-10 d’Aeromexico a provoqué le decrochage de l’avion. Le mode maintien de vitesse verticale avait été sélectionné au pilote automatique avec une altitude cible de 31000 pieds. Au fur et à mesure que l’appareil gagnait de l’altitude, il avait du mal à maintenir le taux de montée imposé. Vers 30000 pieds, le DC-10 se met à vibrer, le decrochage est tout proche. Le commandant de bord ne se rend pas compte de la situation, mais pense que le réacteur numéro 2 connait un pompage. Il lui réduit les gaz. La vitesse passe immédiatement à 173 nœuds soit 30 nœuds la vitesse locale de decrochage. L’avion tombe comme une pierre. Il est récupéré à 19000 pieds ! L’avion est au-dessus du Luxembourg et il continue son vol jusqu'à Miami pour constater à l’arrivée qu’il manque plusieurs mètres d’ailes. (Sécurité Aérienne, pages 274 et 275).

Pourquoi les pilotes n’ont pas réagi au stick shaker ?
Lors de leur entrainement, les pilotes avaient été formés à des techniques courantes de récupération d’un début de decrochage avec perte minimale d’altitude. Pour s’en sortir, il s’agissait d’augmenter les gaz afin que l’appareil reprenne de la vitesse. Par contre à cette altitude, les réacteurs n’avaient plus assez de potentiel pour corriger la situation. Le NTSB n’a pas pu déterminer si les manettes ont été poussées ou pas vers l’avant parce que leur position n’est pas enregistrée par le DFDR. En tous les cas, les tours n’ont pas augmenté.

Par ailleurs, un bug dans le software qui gérait le bandeau des vitesses sur les primary displays des pilotes rajoutait un sentiment de sécurité. En effet, il indiquait la vitesse de decrochage 10 nœuds plus bas qu’elle ne l’est en réalité. De sorte que lorsque le pilote sent le vibreur de manche, il a encore l’impression d’être à 10 nœuds au-dessus de la vitesse de decrochage. Le software a été corrigé 2 ans après l’accident.

Un troisième point que les enquêteurs n’ont pas abordé mais qui pourrait aussi contribuer à expliquer pourquoi les pilotes ont voulu maintenir l’altitude à tout prix. Durant la phase où le decrochage semble imminent, les pilotes sont dans l’attente d’une autorisation de descente. Le contrôleur est entrain de synchroniser avec un collègue pour leur permettre d’accéder à un niveau inferieur. Or, si les pilotes avaient entamé la descente sans autorisation appropriée, ce fait aurai crée un incident qui aurait probablement donné lieu à quelques questions une fois au sol. Il aurait peut être même justifié la lecture des enregistreurs de vol et donc la découverte des violations commises par les pilotes. Le fait de maintenir l’altitude juste le temps de recevoir l’autorisation de descente pouvait, à leurs yeux, encore permettre une sortie honorable de cette situation.

Ceci explique aussi pourquoi le commandant de bord a toujours dit aux contrôleurs aériens qu’il avait un seul moteur en panne alors que dès les premières secondes, il avait détecté et annoncé dans le cockpit la panne des deux réacteurs.

Check-list double panne moteur :
Les premiers points de cette check-list sont à connaitre par cœur et les pilotes les connaissaient. Il s’agissait de piquer et maintenir 240 nœuds. Malheureusement, cette check-list n’insiste pas sur le fait que cette vitesse est essentielle pour éviter le core lock et donc assurer le succès du démarrage par la suite. Les pilotes commencent à chercher une vitesse élevée que 79 secondes après avoir identifié la double panne. De plus, alors qu’ils se sont montrés agressifs dès le début du vol, une fois l’urgence déclarée ils ne vont pas aller jusqu’au bout et pousser suffisamment le manche pour afficher 240 nœuds. Ceci a eu pour résultat que lorsque l’appareil arriva dans la zone où un démarrage pouvait être tenté, les cores N2 sur les deux moteurs étaient déjà bloqués.

Conclusion :
Les pilotes avaient 31 et 23 ans et leur avion a évité les maisons de justesse. Fait étonnant, quand secouristes arrivent sur place, le commandant de bord est retrouvé dans le siège de gauche et le copilote dans le siège de droit. Les enquêteurs ne pourront jamais déterminer ni quand, ni comment chacun a repris sa place.


CRJ-200
Arriere de l'appareil. Notez la proximite de la maison

CRJ-200
Arriere de l'appareil.

CRJ-200
Train d'atterrissage

CRJ-200
Des pieces sont arrivees sur les maisons

CRJ-200
Un des reacteurs. Apres demontage, les enqueteurs peuvent tourner le N2 a la main...
A froid, il n'y a plus de core lock.

Bravo aux coupeurs de cheveux en 4!!!

J'ai pas tout lu car j'avais vraiment trop mal à la tete!
La vitesse c'est la vie, mais pas l'envie.
Comment ça se passe:
Montée au FL 410 à la MTOW, l avion ets certifié FL 510.
On determine un plafond d accrochage pour le final cruise.
On choisit une loi de montée, exemple 280KT/M .76 ou 300/M .80 si on est léger.
On change de l'ias au mach a l altitude de conjonction.
Dans les niveaux precedant la capture, ça rame, donc on choist une Vs qui permette une vitesse mini determinée ex M .76 sinon on accroche en etant "sur le cul" et l'avion met une eternité à accelerer en croisére ou...on décroche.
Le FL maxi certifié, il faut oublier ca se capture en fin de croisiere avec plus rien dans les bidons, et juste avant de descendre en CDA, au mieux. On est protégé contre rien, c'est dangereux et inutile.
Qu'ont voulu se prouver ces deux pilotes? je l'ignore! Je crois qu'au premier décrochage au décollage ils auraient du aretter leurs conneries.
J'y vois aussi le fait de la formation actuelle où les pilotes n'ont pas souvent été cherché meme pas les limites mais le domaine de vol de leur machine, et de leurs compétences.
Pas besoin d'un jet, un cap 10 permet de bien comprendre ce qui se passe.
Trés interressant sujet sur le core lock en tout cas.

Incroyable

Bonjour Amine et bonjour à tous,

Comme toujours, c'est un récit passionnant et plein d'enseignements.

Plus que l'absence de professionnalisme, c'est l'inconscience avec laquelle ces pilotes ont malmené leur appareil "juste pour voir ce qu'il avait dans le ventre" qui me frappe ! Les plus incroyable étant qu'ils n'ont pas tenu compte de leur perte de vitesse, pourtant très importante, dans les derniers niveaux avant d'atteindre le 410, alors qu'outre le risque de décrochage, le risque d'extinction d'un moteur était déjà latent.

Vous avez fort bien décrit ce processus, que même moi, qui ne suis en rien familier avec l'aéronautique, à fortiori les avions à réaction, connaissais néanmoins déjà, pour m'être simplement intéressé au fonctionnement des turboréacteurs. C'est, j'oserais dire, un cas de figure banal. Les pilotes d'essais, qui poussent leur machine dans ses derniers retranchements, se méfient de tout et se préparent mentalement à toute parade. Aussi, comment deux pilotes professionnels et certifiés sur ce type d'appareil ont-ils pu oublier (ignorer en tout cas) ces contraintes inhérentes à tous les turboréacteurs et surtout se comporter généralement de façon aussi désinvolte. Au delà, ils cumulent les erreurs dans la gestion de leur urgence et de fait, l'issue fatale ne se fait pas attendre. Fort heureusement, aucune autre victime n'est à délorer. Mais c'est passé très, très, proche.

Même si ce n'était pas vraiment leur intention (en fait, ils voulaient juste s'amuser et entrer dans le "club 410"), ces deux pilotes sont mort pour avoir voulu, alors qu'ils n'avaient qu'une formation de pilote commerciaux, se prendre pour des pilotes d'éssais. Ces derniers disposant d'une formation beaucoup plus intense, incluant notemment un solide entrainement à la gestion efficace des situation dites "d'urgence". Ils "y sont allé" à la fois trop fort et trop nonchalemment. Incroyable ce qu'ils ont pu accumuler comme ... hum ... "sottises" ! Vraiment incroyable ! Ils n'avaient aussi que 31 et 23 ans.

Dicton bien connu : "Il y a des pilotes audacieux et il y a des vieux pilotes. Mais il n'y a pas de vieux pilotes audacieux !"

Cordialement
Fred

débridage

Bonjour à tous,

En réponse à Fred P, je dirais certes !
Cependant à décharge, cet appareil est certifié pour le niveau 410 et il n’y a donc pas, de mon point de vue, une contre indication ou un interdit à y parvenir.
Dire qu’ils se sont pris pour des pilotes d’essai, me paraît excessif, c’est plus à mon sens par omission qu’ils ont péché, étant seuls à bord l’insouciance qui a prévalu l’a emporté sur la rigueur qui aurait du prévaloir.
S’ils avaient récupéré l’avion a temps, comme cela arrive beaucoup plus souvent qu’on ne le pense dans ce type de vol non commercial, nous aurions entendus parler de rien ! Absolument rien.
C’est une accumulation de facteurs très humains d’ailleurs qui malheureusement sont connus et archi connus, plus exacerbés lorsque les vols affiches une connotation nettement moins rigide. C’est indubitablement la posture d’une forme de liberté soudaine, on se lâche un peu, rupture du travaille courant bridé par le travaille au long cours quotidienne et rigoureux, ce que par ailleurs, ces deux pilotes savaient très certainement parfaitement réaliser.

Bonjour a tous :) En

Bonjour a tous :)

En réalité, lorsqu'un avion approche des niveaux élevés, l'air se fait moins dense, ce qui provoque une perte de trainée, donc une économie en carburant non négligeable, ce pourquoi les compagnies essayent de définir des niveaux de vol de l'ordre du 350-400. Le 787 aura un niveau de croisière au FL430, au passage.
Cependant, cela affecte également l'efficacité des réacteurs, et la montée doit se faire de plus en plus doucement pour éviter cette perte de vitesse, ce qu'il n'ont malheureusement pas fait dans ce cas là apparemment, expliquant la chute de vitesse.

Le phénomène facteur humain qui consiste a contrer le stick shaker pour ne pas être " repéré " par le contrôleur comme avoir fait une bourde est uniquement dû a son amour propre et la peur de devoir rendre des comptes par la suite en espérant terminer son vol incognito! C'est comme celui qui a mit les reverses en vol pour ralentir son avion afin d'éviter de devoir refaire un tour pour atterrir :)

Sinon Colibri, bien dit!

Bien sûr !

Hello,

@Colibri : Vous avez raison, il faut effectivement relativiser. C'est pourquoi j'ai bien écrit que "ce n'était pas leur intention". Mais il reste qu'ils se sont tout de même comporté comme l'auraient fait des pilotes d'essais (enfin, malheureusement pour eux, pas tout à fait). Effectivement ce ne sont là que des facteurs humains.

NB : L'altitude max certifiée d'un aéronef ne veut aps dire que l'on puisse systématiquement l'atteindre. Voler à de tels niveaux sous certaines conditions atmosphériques pouvant être très risque, voire impossible.

@Obiwan : Un niveau de vol élevé n'est pas l'élément le plus déterminant en regard de la consommation ou plus spécifiquement du "rayon d'action maximal". Le tout premier facteur d'importance est le rendement maximal du moteur (appelé : "N DESIGN") obtenu, pour la majorité des turboréacteurs modernes à 85% de N1. N-DESIGN ne variant, en fait, qu'avec la température. Après, les calculs sont relativement complexes, mais, en gros, la qualité de fluidité des gaz entourant l'appareil (donc altitude/pression, température, humidité relative, présence ou non de particules solides, etc), les vents dominants et le poids de l'appareil interviennent alors pour déterminer l'altitude optimale pour le meilleur rendement des moteurs. Cette dernière n'étant pas forcément la plus élevée possible, bien au contraire.

Amine ou d'autres avis "professionnels" pourront certainement éclairer plus scientifiquement la discussion à ce propos précis.

Quoi qu'il en soit, je reste personnellement convaincu que ces deux "jeunes" pilotes on pêché par insouciance à beaucoup trop d'égard (fautes principalement de comportement humain) ce qui leur a fait passer outre beaucoup de principes de vol qu'ils connaissaient probablement, mais ce qui leur a aussi et finalement été fatal. :(

Cordialement

Fred

CORRECTIF

Désolé, j'ai confondu (allez savoir pourquoi ?) Obiwan et Yohann. Je répondais donc bien à Yohann et non Obiwan, comme mon post le laisse apparaitre.

Cordialement

Fred

Merci de ces précisions

Merci de ces précisions Fred :) Je savais quelques paramètres qui intervenaient dans le calcul de l'altitude mais pas tout ceux là.

Obiwan: Et oui je suis breton ^^

Re Fred

Yohann comme moi doit être breton.

Toute faute avouée est à moitié pardonnée

Kenavo

Bonjour Fred, Le NTSB

Bonjour Fred,

Le NTSB retient effectivement le manque de professionnalisme des pilotes comme facteur dans cet accident. Pour cet avion, le niveau de vol 410 était un maximum atteignable seulement dans de rares conditions, a savoir, pas de passagers, ni charge importante, ni de carburant. En exploitation normale, les conditions n’étaient jamais réunies pour aller chercher le niveau 410. Ceci a fait que les pilotes n’étaient pas familiers du comportement de l’avion a cette altitude la.

Le jour de l’accident, l’avion avait suffisamment de marge pour aller au 410 et même au-delà. Les pilotes auraient pu atteindre ce niveau et le maintenir tout le long de leur vol s’ils avaient planifié correctement en se référant aux manuels techniques de leur appareil. Ceux-ci indiquaient qu’il fallait aller au 410 en maintenant une vitesse indiquée minimale de 250 nœuds. Ceci aurait supposé une montée finale à 100 ou 200 pieds par minute et pas 500 pieds par minute.

Plus un avion est haut, moins ses réacteurs produisent de poussée. A 5000 pieds, quand le pilote tire sur le manche et assume un taux de montée de 10000 pieds par minute, il perd de la vitesse. Par contre, au moment où il aplatit la trajectoire, la vitesse augmente encore. A 41000 pieds, c’est différent. Le pilote troque de l’altitude contre de la vitesse, mais au moment où il stabilise l’altitude, la vitesse n’augmente pas. Les réacteurs ont une poussée très faible et ceci est encore exacerbé par la vitesse trop basse.

Les pilotes d’essai on accès a des données et des documents comportant des informations beaucoup plus étendues que celles a disposition des exploitants. A l’exploitant, on garanti un domaine de vol sûr et a lui de le maintenir. Ce qui se passe hors de ce domaine de vol n’est pas une zone supportée.

Très clair ...

Bonjour Amine,

Merci de ces précisions, qui étaient, d'ailleurs, déjà bien cernées dans votre article. Le phénomène de la perte de poussée à très haute altitude est très clair et me semble-t-il, assez facile à comprendre par chacun. Faire grimper un avion à son niveau maximum certifié d'altitude, même à vide, nécessite donc un minimum de précautions (procédures relatives à ce domaine de vol).

Ma comparaison avec les pilotes d'éssais n'est certainement pas la plus pertinente. Je le reconnais. Ce que je voulais surtout exprimer, c'est ma grande interrogation en face de la prise de risque impliquée par cette ascencion "improvisée" (ne respectant pas les consignes habituelles pour une montée à haute altitude) et le niveau de connaissance qu'aucun pilote n'est pourtant sensé ignorer. Cela même s'il n'est pas pilote d'éssai. De la lecture de votre article, il ressort que ces pilotes avaient vraiment envie de "voir ce que leur avion avait dans les tripes".

Quant au fait que cette mésaventure se soit finalement très mal terminée pour eux, j'ai bien compris qu'elle résulte principalement de l'accumulation de facteurs essentiellement humains (surtout le fait de ne pas vouloir se faire "remarquer" après coup). La leçon que je tire principalement de cet accident est que ces derniers arrivent bien le plus souvent par accumulation de causes qui prises indépendemment les unes des autres n'auraient alors été que de simples incidents. C'est un fait que vous avez souvent souligné dans plusieurs autres de vos articles et nous en avons encore la démonstration ici.

Hors sujet : Ca fait toujours "mal quelque part" quand on lit ces articles. Mais bon sang que que vous avez l'art de rédiger des récits tout aussi captivants qu'instructifs. Continuez, vous êtes vraiment passionnant :)

Longue vie à votre site.

Très cordialement

Bsr Fred

Ce dont tu parles "l'accumulation d'erreurs" c'est le principe de Reason.

Vols planés

Par rapport aux vols planés, auriez vous des informations sur le "Gimli Glider" ?

Merci

C'est pas extraordinaire

Bjr,

AF ou AirInter l'a déjà fait avec une Caravelle autrefois. Planning entre Paris et Dijon. Tout dépend de la "finesse" de l'avion. La Caravelle avait une finesse de 25, ce qui veut dire qu'elle avait un déplacement horizontal de 25km pour une perte d'altitude de 1000m.

Je crois que le pb de ce vol est qu'il s'est retrouvé à sec de kéro car il y a eu des pb's entre des mesures métriques et des mesures anglo-saxonnes. Les programmes Airbus ont eu des problèmes similaires au début entre les cm et les inches.

Par contre l'avantage de l'anglais consiste à avoir 3 mots différents pour parler de distance ou de vitesse, donc aucune confusion à la radio.

feet : hauteur
miles : distance
noeuds/kt : vitesse

A+

Il n'y a pas que la Z max

Il n'y a pas que la Z max.Le cas d'Air Transat 236 est tres instructif a ce sujet un A330 reliant Toronto-Lisbonne le 24 aout 2001 s'est retrouvé en panne suite a une fuite mal identifié par le CdB Robert PICHE est tombé en panne au milieu de l'atlantique... Néamoins le CdB a su faire preuve d'instinct en prenant des ascendant comme un planneur il a réussi l'exploit de rallié les Iles portugaises d'Açores parcourant ainsi 100MN ! S'il avait suivit la Vz Max il se serait probablement mouillé!
(j' entend Z=finesse Vz=Vitesse de finesse)
Mais peut-etre Amine nous ferrez-vous un petit article?

Oui, c'est prevu :)

Oui, c'est prevu :)

Oui, je suis en train de

Oui, je suis en train de preparer un article dessus :) Bientot il sera sur ce site, en detail.

Re bjr

T'es pas overbooké avec toutes nos questions ?

Kenavo

lol, pas du tout, ca me

lol, pas du tout, ca me permet de changer les idees :)

Re re re

Ben T'es pas triste quand même ?

Super articles, trop fort !

Comment avez-vous toutes ces connaissances ? Ancien pilote ?

Kenavo

Je suis ignorant !

Bjr Amine,

Vous dites que les réacteurs perdent de la puissance car le flux d'air est insuffisant.

Pourtant les réacteurs tournent sur un avion à l'arrêt, d'où vient ce flux ?

A+

Au sol, les reacteurs ont

Au sol, les reacteurs ont beaucoup d'air. Ils en aspirent a l'avant et ca leur suffit largement.

Au 41000 pieds il y a meme pas 200 millibar de pression, soit moins de 40 millibar de pression partielle d'oxygene. Les reacteurs ont besoin de vitesse pour avoir du "gavage" qui leur permet de tourner.

Complément sur l'APU !

Merci Amine,

J'ai lu sur un site que l'APU fournit outre de l'énergie aussi de l'air !

Comment ça marche ?

A+

Je ferai un article sur ca a

Je ferai un article sur ca a l'occasion.

C'est juste une petite turbine a essence qui peut entrainer des generateurs electriques, des pompes hydrauliques... ou bien produire de l'air sous pression qui peut etre utilise pour le lancement des reacteurs ou la pressurisation.

C'est elle qu'on entend lors de l'embarquement avant le demarrage des reacteurs. Elle est coupee par la suite.

ah, l'APU...

...a l'epoque ou je travaillais sur les pistes de Nice, pour Air France.
Ce doux son melodieux, qui nous permettais d'avoir les energies pour ouvrir les soutes, avoir de la lumiere, de permettre aux PNT de preparer le vol ... bref, une belle invention bien pratique pour l'avion qui est au sol..

Et quand l'avion n'en etait pas équipé, on etait dans l'obligation de coupler les groupes electrogenes sur l'avion pour avoir cette energie.

Eric

Ce bruit, c'est toute

Ce bruit, c'est toute l'ambiance d'un tarmac !

Plafond pratique

Bonjour AMINE,

Ce qui est étonnant c’est de lire que le plafond pratique du CRJ 200 est de 41.000 pieds, je suppose que c’est en exploitation c'est-à-dire avec une masse marchande ?
C’est quand même étrange qu’a vide même si avec une atmosphère non standard il ne puisse tenir ce niveau d’autant plus qu’il semble y avoir monté facilement ?
Ou alors ce plafond est plus de l’affichage commercial !

A+

Bonjour, Le plafond certifie

Bonjour,

Le plafond certifie pour cet appareil est 41000 pieds. Le fait d'y arriver ou non peut dependre de la charge, de la meteo, du carburant transporte...

Par contre, le fait de ne pas avoir de charge ne signifie pas qu'il peut aller plus haut. Pensez juste a la pressurisation de la cabine par exemple. A 41000 pieds le systeme est a son differentiel max. Si l'avion va plus haut, il va se depressuriser de plus en plus.

Ce jour la, l'appareil pouvait aller a 41000 pieds par contre, il eut fallu maintenir une vitesse plus elevee. Les 500 pieds par minute c'etait trop. L'avion est arrive au 410 a 163 noeuds. Ses reacteurs ne recevaient plus assez d'air a cette vitesse et ils fournissaient de moins en moins de puissance. C'etait un cercle vicieux. Moins il recevait de puissance, plus il ralentissait et plus il ralentissait, moins il recevait de puissance. A terme, c'etait le decrochage.

Le FMS equipant cet avion avec des donnees de performances jusqu'au niveau 360 seulement. Au dela, il fallait utiliser des cartes de performance en papier. Les pilotes s'en sont pas servi et n'ont pas fait attention aux autres parametres de l'avion. Ils ont focalise sur l'altitude (vision en tunnel).

IAS et MACH

Attention ,

A de telles altitudes au dessus du FL290 , il ne faut plus parler IAS en noeuds,mais bien en MACH.
D'après votre article l'avion étais au FL410 à Mach 0,56.

Le MACH de vol vaut M=TAS / a

TAS = True Air Speed ( vitesse vraie de l'avion par rapport à l'air)
a=la vitesse du son fonction de la température

a en kt =38.87 * racine carrée (273+T°ext) (°Kelvin)

Si l'on considère l'atmosphère comme étant standard (l'écart avec l'atmosphère réelle étant négligeable pour la température) ,il y faisait -56.5 °C , ce qui correspond à une vitesse du son de 572 kt pour Mach 1. (584 kt pour -47.1°c)
L'avion volant à M 0.57 cela nous donne une vitesse vrais (TAS) True Air Speed de 332 kt (soit 616 km/h) en réalité et non 163 kt (302 km/h) comme indiqué par l'indicateur de vitesse (IAS)!

Cette différence vient du fait que l'indicateur de vitesse est calibré à Sea Level (niveau de la mer) pour une densité de l'air qui est de 1.225 kg/m3, une température de 15°C,une pression atmosphérique de 1013.25 hpa.
Lorsque l'on s'écarte de ces valeurs standard,ce qui est le cas dans la réalité,l'indication de vitesse est entachée d'erreurs et l'indication est "unreliable".

En effet au FL410 , la pression est de 179 hpa , la densité de 0,287 kg/m3 et T° de -56.5 °C, on comprend donc très bien que l'indication de vitesse est erronée et vient encore s'ajouter à cela l'erreur de compressibilité dû au Mach de vol.

Le MACH indiqué par l'instrument lui étant tout a fait correct (la méthode de calcul étant différente).

Ce qu'il faut considérer à de telles altitudes c'est le dit "COFFIN CORNER"

Lorsque l'on voit les attitudes que l'avion a pris, l'arrêt des moteurs est probablement dû à du "pompage" en raison de la mauvaise alimentation des entrées d'air moteurs. (comme vous l'avez souligné dans votre article).

Cela m'étonne que la compagnie parle d'IAS à de telles niveaux de vol.

Salutations.

Bonjour Francis, Merci de

Bonjour Francis,

Merci de votre apport. Je vais faire un petit resume :

A basse altitude - Air dense
- L'avion a une vitesse minimale pour ne pas decrocher, elle est definie en IAS. Cette vitesse minmale est a garder pour obtenir assez d'energie aerodynamique pour pouvoir voler.
- L'avion a une vitesse maximale definie en IAS. A partir de cette vitesse, les forces aerodynamiques sur l'avion deviennent trop fortes et peuvent endommager sa structure.
- Il a aussi un nombre de mach maximal. A partir de ce nombre la, des zones de l'avion ou l'air est accelere peuvent atteindre et depassser mach 1.

A basse altitude, c'est l'IAS max qui est atteint bien avant le mach max donc, la reference haute est donnee par l'IAS

A haute altitude - air peu dense
- L'avion a toujours une vitesse minimale qu'il doit garder pour pouvoir voler. Donc, il a toujours une IAS minimale.

- Il a une IAS maximale, mais elle est toute theorique. Il ne pourra pas l'atteindre. L'air est tres peu dense, il n'est pas facile d'atteindre une IAS qui donne des charges aerodynamiques excessives. En tous les cas, c'est le mach max qui est atteint avant.

- Il a un mach maximal qui devient la reference haute.

Donc, quand l'avion vole a des niveaux eleves, ce qui change c'est juste la reference haute. Il ne doit pas depasser un certain nombre de mach. Par contre, par le bas, il y a toujours une vitesse IAS minimale.

Mach Buffet

Votre résumé est bien fait , cependant je ne suis pas d'accord avec la dernière phrase de celui-ci.

Il existe un LOW SPEED MACH BUFFET et un HIGH SPEED MACH BUFFET que l'on trouve sur les graphs BUFFET ONSET.

Par exemple pour un Airbus A330 ,Level Flight au FL350 ,etc....

LOW SPEED MACH BUFFET M 0.62 -> décrochage dit BAS (perte de sustentation dû a un angle d'attaque trop élevé)
HIGH SPEED MACH BUFFET M 0.86 -> décrochage dit HAUT (perte de sustentation par phénomènes d'ondes de choc)

Evidement il est toujours possible de convertir en IAS , mais cette vitesse ne reflète absolument pas la vitesse réelle de l'avion par rapport à la masse d'air.

Imaginons un avion qui doit parcourir 2000 km (1080 NM)à Mach 0.9, cela lui donne une IAS au FL390 de +- 280 kt,donc une durée de vol de 4 h !!! pour 2000 km !!!, par contre si on prend le Mach 0.9 FL390 cela donne une vitesse "réelle AIR" de 516 kt et une durée de vol de 2 h ce qui est plus "réaliste".
On néglige ici la vitesse du vent évidemment.

En bonne collaboration.

En physique cinématique, la

En physique cinématique, la vitesse est une grandeur vectorielle qui mesure pour un mouvement, le rapport de la distance parcourue au temps.

C'est pour cette raison que l'IAS n'est pas vraiment une vitesse à de telles altitudes mais plutôt un rapport de pressions qui n'a plus rien à voir avec une vitesse "grandeur physique" excepté au niveau de la mer en atmosphère standard et si l'on prend en compte l'erreur de position des prises de pressions.

Preuve en est le petit calcul ci-dessus !
Si l'IAS était une vitesse les temps seraient identiques pour parcourir les 1080 NM que se soit en Mach ou IAS.
Certains diront que j'ai l'esprit tordu ! :-)

Salutations et bon W-E

Bonjour,A cette altitude ou

Bonjour,

A cette altitude ou au niveau de la mer, l'IAS est toujours "par définition" un rapport de pression, puisque ce que vous lisez, convertit en kts, c'est la pression de l'air dans un tube de Pitot !

A haute altitude, l'air étant moins dense, cette pression est logiquement plus faible, d'ou un IAS moins élevé. Et effectivement la vitesse réelle de l'appareil, tant dans l'air qu'au sol, est alors nettement supérieure à l'IAS.

Seulement ce que vous perdez de vue, c'est que si la sustentation d'une aile est proportionnelle à la vitesse, elle l'est également à la densité des gaz qui interagissent avec elle pour la sustenter. En clair, plus vous montez et plus la vitesse de décrochage (en vitesse réelle, TAS, ou vitesse sol, si vous préférez... ça n'influence pas le raisonnement) augmente en proportion. Et pour en revenir à notre IAS, eh bien il se trouve que puisque ce dernier est, quelque soit l'altitude, l'exact reflêt de la "pression" de l'air entourant l'appareil, il reste donc LA référence absolue (et parfaite) pour indiquer la vitesse minimum de décrochage. La vitesse réelle de l'avion ne compensant pas, alors, la perte de portance dû à la faible densité.

D'ou le pourquoi il y a bien, à haute altitude, un Mach maxi et un IAS mini :)

Amicalement

Fred

Bonsoir Francis et Fred

Bonsoir Francis et Fred P

J’ai commencé des discussions sur les vitesses avec des pilotes il y a des années et je ne les ais pas encore fini. Vous voulez lancer une bagarre dans un club de pilotes ? Entamez une discussion sur les vitesses.

En fait, si vous prenez un petit avion de tourisme, vous pouvez, en première approximation, considérer que l’IAS de decrochage est tout le temps le même quelque soit l’altitude. Sachant que le même IAS correspond a une TAS plus élevée a haute altitude. Donc si l’appareil s’approche sur un terrain élevé, le pilote utilise la même référence IAS mais cette IAS correspond à une vitesse vraie plus élevée qui va compenser pour la baisse de densité. Donc la TAS augmente avec l’altitude mais pas l’IAS. Attention, ceci reste une approximation.

Maintenant, si on prend des avions qui montent très haut, cette approximation qui veut que l’augmentation de la TAS compense la baisse de densité n’est plus valable. L’IAS de decrochage augmente aussi avec l’altitude. On compte environ 2 nœuds par tranche de 5000 pieds. Pour un avion au niveau 410, on a 17 nœuds de plus sur l’IAS a toutes choses égales.

La vitesse de dérochage dépend aussi d’autres paramètres comme le centrage. Un avion dont le centre de gravité est très à l’avant, va décrocher à une vitesse plus élevée…

Sur Airbus, en loi normale, ce n’est pas la vitesse qui est prise comme référence pour la protection decrochage, mais l’incidence. Ca a l’avantage de mettre tout le monde d’accord.

J'aime beaucoup les échanges qui se passent ici :)

Toujours plus haut !

Bonjour Amine et bjr à tous

Moi aussi, j'aime beaucoup les échanges ici, car ils sont toujours constructifs. Preuve en est encore sur cette discussion, puisque je sais maintenant quelle correction exacte apporter à la vitesse de décrochage en fonction de l'élévation d'altitude (soit 2 kts par tranche de 5000 ft).

En aéronautique, il y a définitivement peu de place pour l'approximation. Vous me pardonnerez néanmoins d'en user quelque fois, ne serait-ce et principalement que pour franchir un pallier. Appréhender un phénomène de façon approximative (ou plutôt simplifiée, devrais-je dire) facilitant alors l'ascencion vers des notions de plus en plus précises. L'objectif étant: "Toujours plus haut" (dans la compréhension des phénomènes en jeu) ! :)

Quant à l'incidence, ou angle d'attaque, c'est effectivement une autre notion des plus importantes pour expliquer et prévenir les décrochages. Merci de me (nous) le rappeler.

Maintenant, vous me corrigerez si je me trompe, mais et en regard du commentaire de Francis (que je salue cordialement) j'aimerais nuancer le fait de dire que l'angle d'attaque est indépendant de la vitese. En fait, oui et non. A vitesse très élevée, il est toujours possible de donner plus d'incidence (cas des avions de chasse, par exemple, capables de monter pratiquement à la verticale). Dans ce cas, l'angle d'attaque peut pratiquement avoir toutes les valeurs que l'on veut, ça n'aura d'influence que sur les facteurs de charge subis par l'apapreil et le pilote. Par contre, là ou je rejoins complètement le raisonnement, c'est pour les vitesses peu élevées, où je perçois néanmoins et encore une relation entre vitesse et angle d'attaque (incidence) par le fait que plus la vitesse décroit et plus il est nécéssaire de donner de l'incidence pour conserver de la portance ... jusqu'au point, évidemment, où cet angle devient trop ouvert, l'extrados se trouve alors en quelque sorte "caché" du vent relatif par les bords d'attaque et c'est le décrochage de l'aile. Cela étant dit, et comme effectivement, à "faible" vitesse, le décrochage aura lieu avec peu ou prou, toujours le même angle d'attaque, je comprends parfaitement que ce soit ce paramètre qui soit principalement utilisé pour prévenir du danger imminent d'un décrochage.

Ce raisonnement simplifié a-t-il un minimum de portance ou bien est-il déjà parti dans une vrille sans retour ? :)

Enfin, je retiendrai bien qu'il ne faut jamais entamer de discussion sur les vitesses dans un bar de pilotes sous peine d'avoir à soigner quelques plaies et bosses ... lol. Plus sérieusement, c'est vrai que les notions de vitesse en aéronautique sont réellement complexes. Entre vitesse indiquée (IAS), vitesse correlée (CAS ...dont parle Francis dans son post), vitesse vraie par rapport à l'air (TAS) et vitesse au sol (GS), il y a effectivement de quoi provoquer bien des bag..... Oups, des discussions.

Amicalement

Fred

PS : J'oubliais aussi la "vitesse propre" (terme parfois également employé) mais celle là, j'avoue que je ne sais trop à quoi elle correspond le plus. La TAS ou la GS ?

PS 2 : Au fait, en relisant mes propos pour correction, me vient à l'esprit que puisque l'air est moins dense en altitude, cela veut dire aussi qu'en prenant de l'altitude, un avion doit augmenter son incidence pour conserver sa sustentation. Je me trompe ?

Les Vitesse

Dites moi si je me trompe?
La vitesse conventionnelle = CAS soit se rapproche de la vitesse air fixe par convention 1013 Hpa 15°
La Vitesse Air = vitesse de l'air (vrai) qui s'ecoule autours de l'avion TAS
La Vitesse Indiquée = vitesse mesuré IAS (Pt-Ps)
La vitesse propre a la composante Horizontale de la vitesse Air et une correction du au niveau de vol on estime 1% par tranche de 600ft et 1% par 5° d' écart en athmosphere type (+haut+chaud+vite) c'est pour ca que les Mach integre un capteur de temperature exterieur

Me trompe-je?
C'est important bientot les exam et je confonds souvent faut dire aussi on parle Vp Vi IAS CAS alors que plusieurs expression designe la même chose!

Bonjour Fred

Bonjour Fred P,

Clarification ,

Le décrochage aérodynamique est un phénomène de décollement de la couche limite d'un gaz ou (mélange de gaz pour l'air) sur un profil aéro.
Il y a plusieurs types de décrochage.

Le décrochage par onde de choc à la frontière transsonique-supersonique, il est dû à l'apparition d'une onde de choc,l'énergie contenue dans la couche limite est détruite par l'onde de choc et le gradient de pression.Il en résulte que cette couche limite voit sont écoulement inversé par rapport à l'écoulement d'air non perturbé et par conséquent si vous avez des écoulements d'air avec des vitesses en opposition une formation de tourbillons, résultat effondrement du coefficient de portance et augmentation du coefficient de traînée.
C'est le décrochage dit haut (high speed buffet).Il est donc dû à l'apparition d'une onde de choc et cela lorsque l'écoulement de l'air sur l'extrados de l'aile est voisin de Mach 1.

Le LOW SPEED BUFFET est lui dû à un angle d'attaque trop élevé, en effet si l'on place un profil d'aile en soufflerie on constate qu'à un certain angle d'attaque la couche limite décroche également du profil et cela est aussi dû à une perte d'énergie dans la couche limite en raison du gradient de pression, l'énergie cinétique de la couche limite se transforme en énergie de pression en aval de l'écoulement, il y a inversion des écoulements , formation de tourbillons, le coefficient de portance diminue fortement et la traînée augmente,c'est le décrochage dit bas (low speed buffet) ou décrochage conventionnelle.

Le décrochage dit conventionnelle est donc dû à un angle d'attaque trop élevé on atteint alors le CL max coefficient de portance maximum,il est visualisé sur un graph CL en fonction de l'angle d'attaque (ou incidence)et est indépendant de la vitesse.Il apparait toujours au même angle d'attaque.

Maintenant pour assuré la sustentation de l'avion il faut que la portance de l'aile équilibre la masse de l'avion.C'est la qu'intervient la vitesse !

En effet la portance (LIFT=1/2rho*V^2*S*CL) est fonction du carré de la vitesse de la surface de la voilure de la densité de l'air et du coefficient de portance (CL).Lorsque l'avion décélère il faut compensé cela en augmentant le CL pour maintenir la portance constante.
Cela est possible en augmentant l'angle d'attaque donc le CL, mais cela jusqu'à une limite,cette limite c'est l'angle d'attaque critique autrement dit le CLmax là où l'écoulement décroche du profil d'aile.

Il n'est pas aisé intellectuellement je l'avoue de désolidarisé les deux phénomènes mais d'un point de vue physique c'est le cas.

La meilleure explication que je puisse trouvé est le décrochage dit "dynamique" en descente par exemple.
Je prend le cas hypothétique d'un Cessna 150 qui serrait en descente à +-95 kts ce qui est tout a fait sécurisant et dans la plage de vitesses confortable pour le vol.Si le pilote effectue une ressource brutale (exagérée),c'est à dire qu'il augmente exagérément l'angle d'attaque jusqu'à l'angle d'attaque critique (en supposant la vitesse de 95kt maintenue) et bien il va décroché non pas parce-que sa vitesse est trop faible mais parce qu'il a atteint l'angle d'attaque critique !!!!!
L'aile n'est plus en mesure d'assurer la sustentation de l'avion même avec une vitesse correcte.

Au sujet d'un avion en montée, n'oubliez pas que lorsque un avion monte il y a la composante verticale de la poussée du ou des moteurs qui intervient.Lors d'une montée verticale il n'y a plus de portance mais c'est la poussée des moteurs qui fait monté l'avion ainsi que la conversion transitoire de son énergie cinétique (vitesse) en énergie potentielle (altitude).C'est alors une fusée ! :-)

J'espère que ceci a pu vous rendre service et que mon explication est claire.

Il existe une autre forme de l'équation de sustentation tenant compte du Mach.

Lift = 0.7*ps*S*CL*Mach^2
dans laquelle on peut assimilé ps (pression statique) à l'altitude !

Salutations et en bonne collaboration.

Comme de l'eau de roche

Bonsoir Francis,

L'explication est tout à fait claire et nous sommes bien d'accord. J'entend par là que vos précisions vont dans le même sens que m'emmenent mes très limitées connaissance actuelles en aéronautique. Votre exemple de décrochage dynamique illustre mieux que mon jet de chasse le fait qu'un décrochage est plus le fait d'une incidence trop élevée (l'extrados ne sustente plus) que de la vitesse en elle même. CQFD.

Par contre, il reste que si l'avion vole trop lentement et qu'il veut conserver son altitude, il n'aura d'autre façon de le faire que de relever encore plus son incidence ... jusqu'à l'angle critique. A ce moment là, la vitesse devient le paramètre immédiatement en jeu. Voila pourquoi je conserve mon : "oui, mais non" :) Comme le souligne Amine, ailleurs sur ce fil, "on troque de la vitesse pour de l'altitude". Si le pilote décide de conserver son niveau, il va droit au décrochage... Ok, par incidence trop élevée, mai qui est dûe à la vitesse trop basse, et là, c'est l'histoire de l'oeuf et de la poule (si vous me permettez l'analogie).

Merci beaucoup, en tout cas, de ces détails exhaustifs. Je n'ai pas encore appliqué les formules, mais elles sont notées et je ne manquerai pas de m'auto soumettre à quelques raisonnements mathématiques sur ces bases. Une bonne apréhension "instinctive" c'est bien, mais une confirmation objective, c'est mieux.

NB : Je n'évoquais évidemment, dans mon précédent propos, que le décrochage de type "low speed buffet" (pour reprendre vos termes) puisque c'est celui qui correspond au cas présenté dans l'article d'Amine.

Je n'ai, par contre, toujours pas compris pourquoi l'IAS, comme indication de vitesse basse en haute altitude, vous choque à ce point :)

Bien cordialement

Fred

Bonjour Fred , A votre

Bonjour Fred ,

A votre question : Je n'ai, par contre, toujours pas compris pourquoi l'IAS, comme indication de vitesse basse en haute altitude, vous choque à ce point :)

En aérodynamique il y a plusieurs vitesses.

IAS -> CAS -> EAS -> TAS

L'indicateur de vitesse IAS est un instrument imparfait , pourquoi :
1) il est calibré en atmosphère STD,'c'est-a-dire Sea Level
2) il tient compte du facteur de compressibilité mais aussi en atmosphère STD
3) il n'est pas corrigé pour l'erreur de densité de l'air

Cette indication de vitesse n'est donc pas correcte !
Hors un avion vous vous en doutez ne vole jamais en atmosphère STD.

Son indication n'est valable que si l'avion volait au niveau de la mer c'est-à-dire 15°C,1013.25mb,rho 1,225 kg/m3

De plus nous sommes dans un domaine de vol subsonique, au dessus de Mach 0,4 vient s'ajouter un problème de compressibilité de l'air.L'air étant un (mélange de) gaz il se comprime ou se détend.
Vous savez que si l'on comprime un gaz sa température augmente,voici encore un facteur supplémentaire d'erreur.

L'IAS ne représente pas une vitesse mais une différence de pressions,en dehors de l'atmosphère standard il devrait être gradué en mb ou PSI !

IAS (INDICATED AIR SPEED)

+ CORRECTION ERREUR INSTRUMENTALE (imperfection mécanique)
+ CORRECTION ERREUR DE POSITION (dû à la position des prises de pression imparfaite en raison des perturbations de l'écoulement d'air sur le fuselage)

= CAS (CALIBRATED AIR SPEED)

+ CORRECTION DE L'ERREUR DE COMPRESSIBILITÉ (l'écoulement d'air dans le pitot est subitement arrêté il en résulte une conversion de l'énergie cinétique des gaz en énergie de pression et de température, la pression mesurée n'est donc pas correcte)

= EAS (EQUIVALENT AIR SPEED)

+ CORRECTION DE LA DENSITE DE L'AIR

= TAS (TRUE AIR SPEED) vitesse réelle de l'avion dans l'écoulement d'air

Prenons un avion qui vole a Mach1 au FL350 Atm STD

Cela correspond à une TAS de 575 kt soit 1064 km/h *** réelle *** vitesse que l'on pourrait mesurer avec un GPS ou une plate-forme inertielle (sans vent !)

On suppose l'IAS=CAS (en négligeant les imperfections mécanique et de position +-10 kts)

L' IAS=CAS "mesurée" serait de 350 Kt soit 648 km/h

L' EAS calculée serait de 322 kt soit 596 km/h

La TAS calculée serait de 322/0.557 = 578 kt soit 1070 km/h

*** en effet la TAS=EAS/(Racine carrée de la densité relative)
et la densité relative est égale au rapport de la densité à FL350(0.379kg/m3) sur la densité à Seal level (1.225 kg/m3)****

Vous constatez donc l'écart gigantesque entre l'IAS et le Mach de vol !

D'un point de vue Aérodynamique,il est inconcevable de tenir compte de l'IAS.
Vous constatez ici que l'IAS vaut les 2/3 de la vitesse réelle de l'avion soit une erreur de 225 kt !!!!!!!!

Par contre lorsque l'on effectue les corrections à l'IAS on constate bien que la TAS calculée au départ de l'IAS est égale au MACH convertis en kt (avec une erreur de 3kt) SORRY :-)

Le même exercice réalisé à Sea level donne M1=661 kt

et IAS=CAS=EAS=TAS = 661 kt c'est l'unique cas ou L'IAS est +- correcte !

Le MACH de vol est donc lui correct quelque soit l'altitude sea level ou au FL410 (41000ft).

Donc on constate que le kt (NM/h) n'est pas le même en altitude qu'au niveau de la mer ! Essayez d'expliquer cela à un marin ! (je plaisante)

Le Mach est aussi un Mach indiqué est donc sujet à des erreurs instrumentales cependant elles ne dépassent pas 0,5 à 2 points de Mach.
1 point de Mach = 0.01
Ce qui est acceptable.

J'espère ne pas vous avoir saoulé avec mes formules !

Cordialement.

Bonsoir Fred En fait,

Bonsoir Fred

En fait, Francis parle d'aerodynamique et pour cette raison, il donne la limite basse en nombre de mach.

Pour l'avion cite dans l'article, au niveau 410, la limite basse n'est pas aerodynamique, mais moteur. Il faut 250 noeuds min en IAS pour maintenir un supply d'air suffisant qui permet a ses reacteurs de fonctionner normalement.

Certes ... Mais !

Bonjour Amine et bonjour tout le monde.

J'avais bien suivi et l'entendais bien ainsi. Je ne remets évidemment pas en question cette limite basse de vitesse de "gavage" des moteurs.

Cependant, ça ne me dit toujours pas en quoi il est pertinent de prendre le Mach comme référence basse de vitesse à haute altitude. Ceci, nous sommes bien d'accord, d'un point de vue purement aérodynamique. Et cela même si mathématiquement il y a un écart considérable entre IAS et nombre Mach de vol. IAS reste (du moins pour moi et peut-être est-ce là que je me plante ?) représentatif du "volume" de gaz entourant l'appareil et ce, quelque soit le niveaude vol. Le nombre de Mach étant à mes yeux plus représentatif de la vitesse réelle des "molécules" de gaz en contact avec l'appareil. Molécules qui, à faible densité, ne permettent pas de sustenter une aile à aussi faible vitesse qu'à densité plus élevée, mais suffisent néanmoins à créer des ondes de choc en régime transsonique et même à échauffer sérieusement les structures par frottement pour les vitesses supersoniques (Tout ceci étant le reflêt de mon raisonnement perso, svp, corrigez moi dès que vous détectez une erreur de compréhension).

Autant donc le Mach m'apparaît comme une évidence absolue pour indiquer la limite haute (prévention de l'atteinte de viteses transsoniques) autant c'est l'IAS (corrigé de 2kts/5000ft, pour suivre votre indication précédente) qui me semble toujours et dans mon entendement personnel le plus approprié comme référence de basse vitesse à haute comme à basse altitude (ce dernier cas ne prêtant, d'ailleurs, à aucune discussion).

Maintenant et en regard de votre commentaire, pourquoi IAS serait pertinent comme paramètre d'évaluation du gavage des moteur et non pour l'évaluation de la vitesse de décrochage (étant bien entendu que si c'est l'angle d'attaque qui reste le paramètre essentiel d'indication de décrochage imminent, le badin est directement partie prenante de ce dernier pour tous les vols en palier).

NB : Que, la vitesse nécessitée pour les moteurs à haute altitude soit plus élevée que la vitesse de décrochage à cette même altitude ne m'interpelle pas outre mesure. Il est logique de penser que pour les propulseurs, c'est la composante oxygène des gaz qui importe, alors que pour la sutentation, c'est le volume total de ces gaz qui est concerné. Mais ça ne résoud en rien mon questionnement.

Désolé, donc, de me montrer si insistant, mais, d'évidence, quelque chose doit m'échapper ! Seulement quoi ??? Or, dans ces cas là, je deviens un insatiable "fouineur" (pour ne pas dire un emm...eur) .... jusqu'à ce que je comprenne. :)

Très cordialement

Fred

Hello Fred , Il y a

Hello Fred ,

Il y a des occasions où le "low speed buffet" peut être ressenti aux vitesses beaucoup plus faible.
La situation la plus susceptible qui pourrait causer le "low speed buffet" à vitesse réduite est quand l'avion est piloté à une vitesse trop lente pour son poids et altitude d'accrochage rendant nécessaire un angle d'attaque plus important (haute altitude).
Ceci a pour effet d'augmenter la vitesse de flux d'air au-dessus de l'extrados de l'aile au point que les mêmes effets d'ondes de chocs se produisent (l'écoulement approche Mach 1 ) que dans la situation à grande vitesse "high speed buffet".

L'angle d'attaque de l'aile et l'augmentation de la vitesse de l'écoulement de l'air qui en résulte sur l'extrados exerce le même effet que le "High speed buffet".

Il y a en effet une différence entre le Mach de vol de l'avion et le Mach local sur l'extrados de l'aile.

Je constate que je me suis emmêlé les pinceaux dans ma première explication sur le stall.

Le décrochage dit conventionnelle est dû à un angle d'attaque trop important et la couche limite décroche (en résumé).

A haute altitude l'air est moins dense,etc...,l'avion doit voler plus vite pour assurer sa sustentation mais nous sommes limité par les phénomènes soniques,

Le HIGH SPEED BUFFET est dû à un décrochage par onde de choc mais pas un angle d'attaque trop élevé l'écoulement "LOCAL" sur l'extrados de l'aile est proche de MACH 1

Le LOW SPEED BUFFET ,l'avion n'ayant pas sa vitesse "optimum" doit augmenter son angle d'attaque pour maintenir le VRUH en raison de cette angle d'attaque trop élevé,l'écoulement de l'air "LOCAL" accélère sur l'extrados de l'aile , approche MACH 1 et le profil décroche également dû à l'apparition d'une (ou plusieurs) onde de choc et cela même avec un MACH de vol "avion" inférieur à 1 , l'angle d'attaque critique CLmax n'ayant pas été atteint !

Le "LOW SPEED BUFFET" et "HIGH SPEED BUFFET" sont donc des décrochages dû à l'apparition d'ondes de choc.

C'est la raison pour laquelle on utilise le MACH à haute altitude et non plus l'IAS qui est farfelue car n'étant pas représentative des phénomènes soniques.

Pardonnez moi cette erreur monumentale,et bravo pour votre acharnement !

BAV
Francis

Ca se précise ... :)

Bonsoir Francis,

Donc et pour résumer, si je vous ai bien suivi, ces DEUX notions ne concernent exclusivement que des avions volant à des vitesses très proches de Mach 1. De fait, je suis alors tout à fait d'accord avec vous pour dire que le Mac est bien la seule référence valable utilisable.

Dans le cas exposé par Amine, l'avion n'est qu'à 163 kts dans le meilleur des cas (très vite il se retrouve d'ailleurs à 150 kts puis à 74 kts après un cabré de près de 30°). Or, là, même en haute altitude, on est encore très, très, loin de la frontière transsonique. Il a donc bien subi un décrochage "conventionnel" et, de toute la discussion, ce n'est uniquement qu'à ce type de décrochage que je fais référence (Vitesse trop basse + vol en palier = incidence relevée = à + ou - long terme décrochage). Par ailleurs, si on évoque la limite de vitesse basse, il est pour moi très clair que c'est évidemment à la prévention de ce type de décrochage que l'on fait allusion et non à la prévention d'un LSB (Low Speed Buffet).

Je vous remercie donc beaucoup et d'autant pour votre patience, car votre dernière explication m'éclaire définitivement mieux sur ces notions de de HSB et LSB (notions que je n'ai malheureusement pas retrouvé ailleurs, dans mes lectures, pour pouvoir justement en approfondir ma connaissance).

En conclusion, j'ai désormais compris (je pense) les notions de LSB et HSB que vous évoquiez et suis totalement en phase avec vous pour ce qui est de l'usage du Mach dans ces cas précis. Par contre je reste toujours convaincu que l'IAS est plus indiqué d'utilisation pour surveiller la limite de vitesse basse en haute altitude ... limite alors somme toute très inférieure à la vitesse requise pour rencontrer un LSB (et à fortiori un HSB).

Très cordialement.

Fred

Bonjour Fred ,vous allez

Bonjour Fred ,vous allez dire que je suis une tête de mule :-)

J'ai lu le rapport complet du NTSB au sujet du crach Pinnacle Airlines Flight 3701

Et j'ai trouvé un argument supplémentaire qui me fait maintenir mon opinion sur le fait que l'IAS n'est pas une référence valable lors d'opérations à haute altitude.

La compagnie demandait en effet une montée à 250 kt IAS,jusqu'à ce que l'avion atteigne MACH 0.7 et je site "Specifically, the climb should be conducted at 250 knots until Mach 0.7 is reached, at which point Mach 0.7 becomes the primary indicator of airspeed".

L'erreur que les pilotes ont fait est de sélecter l'AP avec un taux de montée de 500 ft/min et dans ce cas la poussée des moteurs n'était pas suffisante pour assuré la vitesse constante.

Ils se sont retrouvé dans un domaine de vol "region of reversed command", ceci se produit lorsque la poussé disponible des moteurs n'est plus suffisante pour contrer l'augmentation de la traînée induite dû à la diminution de la TAS (la traînée induite augmentant avec la diminution de la vitesse(TAS)),et donc l'avion est dans l'impossibilité d'augmenter sa vitesse (TAS) !

** Le domaine de vol "region of reversed command" est un domaine de vol instable **

De mon point de vue il y a bien eu décrochage (LOW SPEED MACH BUFFET)dû à un angle d'attaque trop élevé.
NB : FL410 , M 0.57 => 326 kts(TAS) à contrario de 163 kt (IAS)

Quelques considérations sur le MACH : (avec graph c'est mieux)

Doc PDF clarification MACH BUFFET - STALL BUFFET
Voir page 15-8 - MACH BUFFET BOUNDARIES

http://www.faa.gov/library/manuals/aircraft/airplane_handbook/media/faa-h-8083-3a-6of7.pdf

quelques trouvailles ...

Hello folks,

11 Nov, un peu de repos. J'ai donc eu le temps de fouiller à loisirs.

1/ Au tout début, je n'avais que ça :(
http://wiki.answers.com/Q/What_is_low_speed_mach_buffet&contributors=1

2/ En insistant, j'ai finalement "retrouvé" ça :
http://ma3naido.blogspot.com/2007/09/high-speed-flight-mach-buffet.html

3: Puis ça a commencé à se préciser :
http://[2001:4860:a003::84]/search?q=cache:wrAhPtQ7HB4J:www.aviationshop.com.au/avfacts/editorial/buffet/default.asp+low+speed+mach+buffet&cd=5&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

4: Enfin la notion de "LOW SPEED BUFFET" (sans "Mach") m'a été confirmée : http://www.nordian.net/demo_files/Performance_demo.pdf

Du coup, j'y ai gagné quelques infos supplémentaires (bonus) en relation avec la consommation (discussion au début avec Johann) et j'ai définitivement appris un mot de plus pour mon vocabulaire anglais .... Que demande le peuple ?! :)

NB : Avoir eu le temps de glaner ces infos avant, m'aurait évité de m'égarer en raisonnements sur des termes imprécis et sauvé bien des octets sur votre site, mon cher Amine. Que voulez-vous, je fais trop de choses en même temps. ;)

Cordialement à tous

Fred

En tous les cas, ces

En tous les cas, ces discussions finissent par boire la TAS

C'est fascinant de voir le nombre illimité de paramètres que les ingénieurs doivent prendre en compte pour la création des avions. Chapeau!

Exacte , il ne faut pas

Exacte , il ne faut pas confondre perte de sustentation et "STALL"

Un profil aérodynamique décroche "STALL" toujours à un angle d'attaque donné et est indépendant de la vitesse.L'angle d'attaque est l'angle formé entre le vecteur vitesse vraie (vent relatif) et la corde du profil,c'est pour cette raison qu'il y a des probes "AOA" (Angle Of Attack) que l'on trouve sur les avions qui se baladent à haute altitude dans le domaine transsonique et supersonique.C'est le signal transmit par cette sonde qui active le "STICK SHAKER" via un calculateur qui tient compte de la configuration avion.

Cette protection est appelée ALPHA PROTection valable aussi bien à basse et haute altitude.

Pour les commentaires que j'ai posté au sujet des vitesses, veuillez corriger 'rapport de pressions' par "Différence de pressions" SORRY.

Ce que je souhaitais démontrer au sujet de l'IAS est que cette indication n'est pas cohérente étant donné que l'instrument est calibré en atmosphère standard son indication n'est correcte que pour une T° de 15°C,PA 1013.25 et une densité de 1,225 kg/m3 soit SEA LEVEL et cela si on néglige l'erreur instrumentale (due au mécanisme).
C'est pour cette raison qu'on l'appelle IAS **INDICATED AIR SPEED**.
C'est pour cette raison également que vous ne trouverez jamais sur un graphique constructeur "BUFFET ONSET" en haute altitude des références en IAS mais bien en MACH (j'insiste sur haute altitude), erreur monumentale que l'on retrouve sur ladite présentation Power Point.

Ex : Données de la présentation POWER POINT

A330 , FL350 , M=200 T , n =1.5 g

LOW SPEED BUFFET M 0,70
HIGH SPEED BUFFET M 0.86

Les IAS indiquées en surimpression sur le graph sont pour :
Low speed buffet 225 kt
High speed buffet 275 kt

Soit un delta IAS de 275-225 = 50 kt (pour les soi-disant IAS)

Si maintenant nous calculons le delta Mach en vitesse réelle (TAS)
FL350 soit -54,3 °C (atm std)
on obtient pour MACH 1 : 575 kts

LOW SPEED BUFFET M 0,70*575 = 402 kt
HIGH SPEED BUFFET M 0.86*575 = 494 kt

Delta Mach = (0.86-0.70)*575 = 92 kt
On obtient donc une marge de 92 kt (170 km/h) entre le low speed buffet et le high speed buffet sur base du Mach

Si l'IAS était correcte il n'y aurait pas cette écart entre un delta de 50 kt pour les IAS et un delta de 92 kt pour les Mach !

Mais bon un écart de 50 kts c'est plus effrayant mais malheureusement faux.

Et ne confondons pas "MAXIMUM OPERATING SPEED VMO-MMO" avec "BUFFET ONSET" !

Une convention internationale a fixé la loi d'étalonnage des anémomètres selon un étalonnage réalisé au niveau de la mer et en atmosphère standard de telle sorte que leur indication soit la vitesse air ou vitesse aérodynamique ou vitesse vraie dans ces conditions.

Cela est également vrai pour un altimètre,c'est une altitude indiquée basée sur l'atmosphère standard et de plus par rapport à une référence isobare !

BAV

Désolé Mr Mecifi mais je

Désolé Mr Mecifi mais je constate que je consomme beaucoup de lignes sur votre site, mais c'est tellement passionnant !

A quand les conférences vidéo ?

Cordialement.

Vos interventions sont

Vos interventions sont passionantes :) Vous etes le bienvenu pour vous exprimez autant que vous voulez :)

Il faudra qu'on s'y mette un jour, la video...

Cordialement

Bonjour à tous,C’est la

Bonjour à tous,

C’est la réponse que je voulais avoir, les valeurs de décrochage haut et bas pour l’A330 au FL 350 à l'altitude pression du moment.
Ok pour Low speed a mach 0.62 et High Speed pour mach 0.86.
Je suppose que c’est le calculateur qui détermine le mach idéal pour la croisière, quel est-il à ce niveau de vol 350 ?

Cordialement,

Effectivement c'est le FMC

Effectivement c'est le FMC (Flight management computer) qui calcule le MACH optimum de croisière en fonction de plusieurs paramètres et notamment le cost index , la masse de l'avion,la T° extérieure, la position du centre de gravité,le régime de vol, c'est ce que l'on appelle l'altitude d'accrochage en croisière.Malheureusement je ne dispose pas de toutes les tables pour l'A330.Donc je ne peux pas répondre à votre question.

Cordialement.