Prévention : Pression Mortelle en Aviation Générale

Cessna 205 comme celui qui a été impliqué dans l’accident
Plusieurs fois par année, les autorités aéronautiques de nombreux pays rappellent que la fascination par l’objectif est l’une des causes principale des accidents dans l’aviation générale. De très nombreux accidents mortels vont venir s’inscrire dans le même schéma : des pilotes privés décollent dans ces conditions épouvantables et finissent quelques temps plus tard dans un champ, un lac ou un flanc de montagne. Ce qui étonne le plus, c’est qu’il est évident que ces pilotes étaient assez compétents pour identifier les conditions dangereuses. Ils décident de voler un peu comme si une personne leur mettait un pistolet sur la tempe pour les obliger à décoller à n’importe quel prix.
La même situation peut commencer au sol, mais elle peut commencer en vol. Dans ce cas, le pilote continue à voler alors qu’à de très nombreuses reprises il avait la possibilité de se poser.
D’après une grande association de pilotes US, l’AOPA, deux clés importantes permettent d’éviter ce genre de situations:
1 – Ne jamais planifier une mission critique en avion privé.
2 – Si planifiez un voyage important en avion privé, prévoyez une solution de rechange au cas où les conditions ne seraient pas favorables.
Si une mission critique pour des raisons privées ou professionnelles est tentée en avion de tourisme, la pression de réaliser le vol est énorme. Ceci influence de manière malsaine le jugement. Une soupape de sécurité serait de prévoir d’emblée une solution de rechange. De la sorte, une dégradation des conditions météorologiques ne met pas en péril la mission poussant ainsi à la prise de risque. Durant les premières décennies de l’aviation commerciale, le commandant de bord avait toujours dans sa mallette un guide de chemins de fer et des billets de train pour offrir aux passagers qui pouvaient continuer leur trajet en cas d’atterrissage de fortune ou d’interruption du vol.
Voici un cas d’illustration tres intéressant parce que l’appareil avait deux pilotes à son bord et que le sort n’a pas été différent que lorsqu’un seul pilote est l’acteur de l’accident.
Le vol avait été planifié pour le 23 janvier 2009 au matin pour se rendre sur le lieu d’un rendez-vous commercial qui avait exigé près de un an de travail. Ce déplacement était vital pour la survie d’une entreprise qui avait été durement touchée par la crise économique.
Le premier pilote était lui-même le propriétaire du monomoteur Cessna 205 qui allait être utilisé dans ce vol. L’avion avait été construit dans les années soixante et disposait d’un moteur Continental de 260 chevaux. Cet appareil est en tout points comparables à ceux qu’on trouve régulièrement dans les aéroclubs. Le pilote avait une licence privée valable pour le vol à vue VFR. Son expérience était de 1550 heures de vol. Le collègue qui devait l’accompagner ce jour là, était aussi pilote. Il avait licence de pilote privé qui lui permettait de voler aux instruments. Néanmoins, il avait rarement volé en conditions IMC et n’aimait pas le faire. Son expérience était de 2500 heures de vol.
La veille du départ, le premier pilote téléphone aux services météorologiques pour obtenir leurs prévisions le long de la route pour le lendemain matin. Les données qu’il reçoit sont alarmantes : ciel totalement couvert à partir de 1000 pieds, visibilité 3000 pieds dans la pluie et risques de neige. A ce stade, n’importe quel pilote souhaitant faire une navigation de plaisance aurait déprogrammé et cherché un autre loisir.
Le lendemain vers 6 heures du matin, le pilote rappelle pour obtenir les conditions réelles du jour. Il apprend que les nuages commencent à 1300 pieds pour former une couche continue dès 1800 pieds. Une forte humidité était présente dans l’air et les montagnes environnantes étaient noyées dans la couche. Le VFR était officiellement déconseillé.
Quand le Cessna commence à rouler à l’aéroport de Flagstaff en Arizona, les équipages des avions de ligne présents sont étonnés. Eux-mêmes dès leur décollage, ils disparaissent dans les nuages et subissent la givrage et les turbulences pendant une bonne partie de leur trajet.
Le monomoteur décolla et vira vers le sud. Cinq minutes plus tard, un officier de police qui était en embuscade au bord d’une autoroute vit un avion passer sortir des nuages et passer à très basse altitude. Il le suivit du regard et le vit disparaitre dans les arbres.
Les secours furent rapidement sur place mais ne purent que constater la mort des deux occupants. Se prendre les arbres avion de tourisme, c’est comme faire une sortie de route à 200 km/h en voiture et partir dans le décor. Les chances de survie sont très faibles.

Les pilotes victimes de l'accident. Ils avaient 47 et 58 ans
Lire aussi :
- Des records et des enfants




aviation générale
Bonjour ,
A ce sujet le BEA a édité une étude complète sur "la pression de l'objectif à atteindre " accidentogène en aviation générale .
Bonjour
L'objet de la vidéo du flash SV est bien le G-Lock et non une perte de controle suite à changement VMC/IMC.
Dés le début du virage le pilote du 2000 tire trés fort, il engage et part largement sous l'horizon, le NOSA le sollicite et le pilote ne répond pas, il ne réagit qu'au second call.
Ca se termine bien, heureusement.
l'IR Americain
Cette accident n'est pas si étonnant que ça car l'IR Américain pour les pilotes privé est beaucoup plus souple que IR européen "réservé" au pilotes professionnel. Ce n'est pas tant la différence dans la formation qui pose problème mais plutôt la différence d'expérience entre un pilote professionnel qui vole tous les jours (IMC ou VMC) au régime IFR là ou un pilote privé en VMC préfèrera voler en VFR et se retrouvera vite dépasser en IFR par des conditions dégradés
Tomtom un petit topo
Bjr,
Pour les non initiés, un petit topo sur IMC, VMC, IFR et VFR nous saurait gré
A+
VFR/IFR et VMC/IMC
Il y a deux manières de conduire un vol :
- a l'aide de repères visuels extérieur le VFR pour Visual Flight Rules
- a l'aide des instruments de bord l'IFR pour Instruments Flight Rules
Le VFR nécessite donc des conditions météorologique permettant de rester a vue du sol et a une distance suffisante des nuages, ces conditions météo sont appelés VMC pour visual Meteorological Conditions 5km de visibilité et une distance par rapport aux nuages de 300m verticalement et de 1500m horizontalement si ces conditions météo ne sont pas réunis on parle d'IMC (Instrument Meteorological Conditions). Toute fois des dérogations existe lorsque les conditions se dégradent le MVFR (Marginal VFR) ou VFR spécial après obtention d'une clairence du contrôleur (c'est donc au contrôleur de juger si il y a VFR Spécial ou pas).Mais volant a vue le VFR Spécial doit permettre de pouvoir naviguer de façon sûre a l'estime entre deux repères, on ne peut en aucun cas effectuer un VFR Spécial en dessous d'une visibilité de 1500m ou 30sec de vol. Il y a aussi le VFR on top (au dessus des nuages) mais il faut que l'on puisse monté au dessus et descendre en desous de la couche nuageuse a vue du sol (sans traversé les nuages). Pour résumer VFR/IFR sont des règles de vols (clairence, procédures...) et VMC/IMC sont les contitions météo en vol.Un vol IFR astreins a des procédures strictes de clairence, routes, altitudes.... (par exemple les avions de lignes) peut donc voler quel que soit les conditions météo bonne ou mauvaise (VMC ou IMC).Alors qu'un VFR plus libre de sa route, altitudes...ne peut voler que si les conditions météo sont bonnes (VMC uniquement)
Le problème d'un pilote
Le problème d'un pilote habitué au VFR avec une expérience IFR insuffisante lorsqu'il perd la visibilité auquel il est habitué il est tenté de chercher des repères visuel au sol en se basant sur ses impressions et en moins d'une minute il met son appareil en piqué sans s'en rendre compte (puisqu'il oublie de regarder ses instruments) lorsqu'il s'en aperçoit il est trop tard.
Une petite vidéo qui
Une petite vidéo qui illustre le peu de temps entre la perte de contôle et la vue du sol.(si les causes ici sont bien différentes, remarquez que si le copi n'avait pas alerter le pilote sur la position inusuel de l'avion celui-ci n'aurait pas pu le récupérer a temps).
C'est passe limite limite.
C'est passe limite limite. Regardez le chiffre en haut a droite de l'ecran. C'est l'altitude. Le minimum que j'ai lu c'est 10 ! Au depart, l'avion est a plus de 8000 pieds. Il les perd en un rien de temps.
Par contre, leur alarme proximite du sol, ils devraient la jetter a la poubelle.
Ouf !
C'est passé proche, effectivement.
Comme beaucoup, j'ai du mal à imaginer l'authentique cause de ce CFIT, si ce n'est le manque d'entraînement au vol aux instruments du pilote qui était qualifié IFR. Il est définitivement vrai qu'en absence de tout repère visuel, il est "facile", pour un pilote, de se retrouver dans une attitude de vol totalement opposée à celle qu'il pense avoir.
Deux petites remarques sur le récit et les commentaires :
1/ Des Cessna de 250cv, il n'y en a pas des tonnes dans les aéroclubs français. Pour tout pilote privé français, c'est un peu une "Mercedes" de l'air.
2/ La qualif Ir Européenne est effectivement un poil plus compliquée que son homologue US. Mais la cause principale vient du fait que les procédures en Europe sont aussi plus complexes qu'aux US. Par contre elle n'est pas réservée aux seuls professionnels. Un pilote privé VFR peut très bien passer sa qualif IR. Un ami à moi est entrain de s'y préparer actuellement. Différence notoire avec les US : le PRIX !
Fred
Membre inconditionnel d'AOPA US, fantastique source de conseils avisés (je déconseille AOPA.fr !) et futur élève pilote (1er cours dans quelques semaines) :-)
voile gris voile noir
En fait cela représente plutôt le phénomène "voile gris" "voile noir" puisque qu'a la prise de G (importante) le pilote continue de parler et retrouve partiellement la vue en mettant les ailes a peu près a plat mais il ne repère l'horizon que 10Sec après les hurlements de son MOB.
Pour l'IR Eu Je disait aussi réservé entre guillemets parce que soumis au même contrainte qu'un CPL (exam,heure de vol....)seul l'anglais n'est pas obligatoire pour le PPL ce qui conduit a des dérives pour les PPL aller quelques semaines aux US (la il faut l'anglais) mais les doigts dans le nez on reviens avec L'IR et cela valide la licence pour les État-Unis,comme pour l'Europe seul contrainte voler sur un avion immatriculé N (US)! Avec des règles pas toujours assimilés car moins utilisés qu'un Pro.
PS:pour moi "Mercedes" de l'air pour Cessna un peu excessif disont une Laguna comparer a un DR qui serait la 205 et le SR22 serait la BENZ :)
Illusion senssorielle...
Je n’ai pas tout à fait la même appréciation !
Le pilote du mirage 2000 ne semble pas sous l’emprise du voile noir, d’une part, parce qu’il répond au navigateur arrière et aussi parce qu’en piqué le facteur de charge devient faible.
Le navigateur lui indique que l’avion est en piquer, il acquiesce cette remarque, il est conscient mais perdu en matière de références.
Le virage est serré, puis s’engage, l’avion passe ¾ dos et entre dans un voile nuageux qui rends l’horizon diffus, le positionnement visuel est délicat !
Le navigateur qui est détaché de la manœuvre, car il n’a pas les commandes, il fait l’office de l’alarme, le pilote doit comprendre son erreur et remet plus ou moins à plat à la boule et tire ! juste à temps…
A priori je ne sens pas sur la vidéo qu’il y a une intervention du navigateur sur les commandes, on ne sent pas la patte du moniteur qui remet à plat sèchement et procède à la ressource, d’ailleurs, à mon sens, il l’aurait fait plus tôt !
Je classerai plutôt cet événement dans la case « illusion sensorielle » à associer au fameux « Target fascination » bien connu des chasseurs… Concentrés sur un objectif, on peut s’engager dans une position inusuelle et/ou dépasser l’enveloppe de vol…
Etonnant ?
Même si cet accident revêt un caractère presque école sans faire de jeu de mots, il reste malgré tout étonnant !
En effet, le Cessna 205 est à proprement parler un appareil très stable parfaitement adapté au vol en IMC, l’équipage semble sur le papier avoir aussi une bonne garde vis-à-vis du vol sans visibilité ou des conditions de visisbilité dégradées bien que, l’absentéisme dans ce domaine ne pardonne guère.
Ce qui est significatif, c’est que la position inusuelle, si c’est elle qui est à l’origine du problème, apparaît très tôt dans le vol, presque au début ?
On ne sait rien des minima VFR spéciaux ou non, le contrôleur aurait-il dû ne pas autoriser ce décollage ?
Entre la liberté de choix et la contrainte administrative parfois la marge est assez difficile à déterminer, dans ce cas précis, l’administrative aurait peut être, sauvée deux vies ? va savoir…