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Perte de contrôle sur Aeromexico vol 945 - Piège du Pilote Automatique

Aeromexico XA-DUH DC-10-30
DC-10-30 d'Aeromexico impliqué dans cet incident grave

L’usage inapproprié du pilote automatique est à l’origine d’un nombre important de crashs et de pertes de contrôle. Dans la soirée du 11 novembre 1979, un DC-10 d’Aeromexico décolle de Francfort et tourne vers l’ouest à destination de Miami en Floride. A son bord, il y a 311 personnes partant presque toutes à Mexico.



Le commandant maintient un pilotage manuel jusqu’à 10'000 pieds à la vitesse de 282 nœuds après dérogation du contrôle aérien. Puis, le pilote automatique est engagé en mode maintien de vitesse verticale et l’altitude de 31'000 pieds est sélectionnée. Tout en continuant à monter, l’appareil commence à perdre progressivement de la vitesse. En effet, si les performances des réacteurs et des ailes sont maximales au niveau de la mer, elles se dégradent rapidement avec l’altitude. Le taux de montée possible juste après le décollage devient impossible à tenir à haute altitude. Le pilote automatique tire progressivement sur le manche pour maintenir le taux de montée et la vitesse baisse malgré la poussée des réacteurs. Ni le cabré de plus en plus important, ni la baisse constante de la vitesse n’alertent les pilotes.

A l’approche des 30'000 pieds, les premières vibrations aérodynamiques annonciatrices d’un décrochage se font sentir. Revenant soudain dans la boucle, les pilotes donnent une mauvaise interprétation aux vibrations. Pour eux, c’est le réacteur droit, le trois, qui est entrain de présenter un pompage de compresseur. Le commandant prend la manette de ce réacteur et la réduit vers le ralenti. La vitesse baisse brutalement à 173 nœuds, soit 30 nœuds en-dessous de la vitesse de décrochage à cette altitude.

Tout en restant fortement cabré, le DC-10 se met à tomber comme une pierre. Par moments, le taux de chute dépasse les 15'000 pieds par minute. L’avion s’incline dangereusement à droite et à gauche, mais par chance, il ne part pas sur le dos. Il faut près d’une minute aux pilotes pour comprendre qu’ils sont face à une situation de décrochage. Dans un premier temps, ils tirent sur le manche jusqu’en butée et l’appareil ne fait que s’enfoncer. Enfin, le commandant de bord fait le bon geste et pousse sur le manche. La récupération commence immédiatement favorisée par la sortie automatique des slats. L’avion se stabilise en-dessous de 19'000 pieds et les passagers sont rudement secoués. Un bout de l’extrémité de chaque aile manque ainsi que plus de 2 mètres de gouverne de profondeur.

Les pilotes remettent les gaz et remontent à leur altitude de croisière. Dans un premier temps, ils pensent atterrir à Madrid puis changent d’avis et continuent sur Miami où les dégâts sont constatés.

L’enquête démontra un incroyable manque d’attention. Sans le dire directement, le rapport du NTSB laisse à penser que l’équipage faisait autre chose que de piloter durant la montée. Le sort de l’avion était confié au pilote automatique et personne ne suivait l’évolution des paramètres de vol jusqu’au moment où l’avion décrocha.

Sur le DC-10, le pilote automatique a un mode de navigation verticale et un système automanettes qui gère la puissance des réacteurs. Ce dernier système peut soit maintenir un régime fixe, soit ajuster le régime pour maintenir une certaine vitesse. A son tour, le système vertical agit sur le cabré de l’avion et peut, à la demande, maintenir soit un taux de montée constant, soit une vitesse constante. La vitesse peut être maintenue par l’un ou l’autre (condition XOR) des systèmes, mais jamais par les deux en même temps.

A un moment donné, alors que le système vertical maintenait une vitesse constante, le commandant de bord demanda au système automanettes de maintenir une vitesse constante également. Le mieux est l’ennemi du bien ! Le DC-10 n’est pas conçu pour fonctionner de cette façon. A cet instant, le pilote automatique passa en mode de maintient de vitesse verticale et l’automanettes en mode de maintient de vitesse indiquée. La valeur de référence était de 320 nœuds.

L’avion continua à monter à 1'200 pieds par minute mais plus il montait, plus ce taux devenait difficile à tenir. L’automanettes avança progressivement les gaz jusqu’à atteindre le maximum continu et la vitesse commença à revenir en arrière. Tout se passa très vite. Au passage du niveau 250, la vitesse est de 318 nœuds et l’avion encaisse encore le coup. Quatre minutes plus tard, elle n’est que de 226 nœuds avec l’avion presque aussi cabré qu’au moment du décollage. Le pilote automatique n’a pas de système de protection contre ces situations. Si une vitesse verticale est demandée, il ira la chercher quitte à faire décrocher l’avion.

Par ailleurs, on ne peut que s’étonner du choix d’entamer un vol transatlantique après un incident si grave. Par chance, l’avion fut en mesure de finir son vol malgré les dégâts importants qu’il avait subi.

Aeromexico XA-DUH DC-10-30
Etat du PHR et gouverne de profondeur gauche

Pourquoi ne pas rediffuser l'histoire du vol ABX 827?

L'histoire du vol Airborne Express 827 est aussi tout aussi intéressante car dans ce cas,le vibreur de manche du DC-8 était désactivé mais surtout, on peut constater la formation inappropriée ( du au simulateur de vol ) des pilotes face au décrochage ( des pilotes qui était pourtant très expérimentés ) qui garderont le nez du DC-8 cabré pendant quasiment toute la chute de l'appareil. Une histoire toute aussi intéressante sur un équipage qui ne réagit pas correctement à un décrochage, chose essentielle que on enseigne des le Brevet de Base au futurs pilotes.

Bonsoir Oui, cet accident est

Bonsoir

Oui, cet accident est evoque ici : http://www.securiteaerienne.com/node/7

C'est tres etonnant comme le decrochage n'est pas reconnu rapidement et meme quand il l'est, la recup n'est pas garantie.

heu !!

Bonsoir a tous,

Question : C'est quoi le BB ?
Oui, je sais, elle est bete ma question :-)

Bonne soirée °_°

C'est le Brevet de Base :)

C'est le Brevet de Base :)

Ah! Logique

Salut Amine,

OK, BB = Brevet de Base , c'est logique, mais je n'avais pas trouvé :-)

Merci pour cette precision .
Eric

Badin...

Apparemment il n’y a pas d’alarme de décrochage ? disons que même avec un cockpit analogique, sans problème de Pitot, l’équipage emmène l’appareil dans un décrochage !
Une minute pour comprendre c’est aussi très long, mais ils ont finalement compris !
En revanche quelle est la raison de la détérioration de l’extrémité de la gouverne de profondeur, la survitesse ?
Nous sommes devant un PA basique, électromécanique, qui agit d’une manière basique, il garde la vitesse verticale jusqu'au décrochage, il n’inter agit pas avec d’autres capteurs pour réduire cette assiette en fonction d’autres paramètres.
Peut-être que de nuit et en atmosphère turbulente, cela aurait été une tout autre affaire ?
Ce qui est sûr, c’est que les badins sont dans le coma pour 30 000 ft et que cela ne semble pas attirer plus que cela l’attention ?

De mon coté, avec toutes ces

De mon coté, avec toutes ces histoires de décrochage qui passe inaperçue, je n'arrive toujours comprendre comment tous ces pilotes se retrouve en décrochage sans s'en apercevoir. Je viens de lire le rapport du crash du vol 708 de la west caraibean et même histoire, Vario de 10 000ft/mn et la réaction du pilote est d'exercer un cabré pour récupérer la machine. En école on apprend des circuits visuels basique fiable, Badin, Altimètre, Horizon Artificiel et Vario. On en déduit ensuite les corrections à appliquer pour rester dans un domaine de vol correct.
10 000ft/mn, un oeil sur l’anémomètre, sous vitesse, on pique !!! 10s en prenant son temps.

Je pense que la détérioration de l’extrémité de la gouverne de profondeur est du a facteur de charge négatif qui n'est plus dans le domaine de vol acceptable pour l'avion.

Oui, c'est etonnant comme les

Oui, c'est etonnant comme les pilotes ne reconnaissent pas le decrochage alors que le vario est bloque a -6000 pieds. C'est un pattern qui revient assez souvent.

La reccup a du etre tres brutale pour faire perdre un bout de PHR.

Certains devraient repasser

Certains devraient repasser leur BB ;-)
(et sans PA, beaucoup, seraient bien mal a l'aise...)
Et merci a toi, Amine, de refaire vivre ce passionnant site.

Le BB, c'est la ou en apprend

Le BB, c'est la ou en apprend le plus. Il y a des choses qu'on voit au BB et qu'on ne revoit jamais plus tard. C'est un tort.

Merci mouffec :) J'ai eu un moment de flottement pendant quelques mois. Maintenant, je me remets a fond. Je corriger les anciens articles. Je les mets a la une et, des que je peux, je rajoutte du nouveau.

Merci de tes encouragements