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Air Algérie vol 6289 - Une banale panne moteur emporte 102 vies

Accident | Crashs liés aux facteurs humains | Crashs liés à des pannes mécaniques | Décollage

Air Algérie 6289 Crash
Les restes du Boeing 737 7T-VEZ.

Tous les jours, quelque part dans le monde, un avion de ligne connaît une panne de moteur au décollage. Heureusement, tous les avions de transport public sont conçus pour supporter une telle panne sans issue catastrophique. Les bimoteurs sont les plus contraignants parce qu’ils perdent la moitié de leur puissance lors de ce genre d’avaries. Ils peuvent avoir un taux de montée de quelques centaines de pieds par minute à pleine charge avec le train d’atterrissage rentré.

Tous les pilotes de multimoteurs décollent avec la panne de moteur en arrière pensée. C’est l’incident le plus probable lors de cette phase du vol. Pour que les bons réflexes soient dans la mémoire à court terme de tout le monde, il y a un briefing qui se fait avant chaque départ. Il tient compte de la météo, des spécificités du terrain et des conditions opérationnelles du jour. Il doit être concis et clair. En général, il ne concerne que la première minute du vol.

En général, l’accélération au décollage se divise en deux grands moments. La première phase débute au lâcher des freins. Tout problème important constaté pendant cette phase conduit à l’interruption du décollage. Elle se termine quand est atteinte une vitesse dite V1. Après cette vitesse, tout problème est traité comme une panne en vol. A V1, le pilote en fonction retire ses mains des manettes pour éviter qu’il ne les ramène vers idle par réflexe si une panne surgit.

Si un moteur s’arrête lors de la seconde phase, le décollage se poursuit. L’avion monte dans l’axe de piste, puis fait un tour et revient atterrir en priorité. Par contre, les premiers instants de la panne sont décisifs. Ils exigent une bonne coordination et une confiance totale entre les membres de l’équipage. Typiquement, le pilote en charge du décollage continue à piloter l’avion tout en adoptant sa technique aux circonstances. Un avion de ligne peut monter à plus de 2'000 pieds par minute lors d’un décollage normal. En cas de panne moteur, le taux de montée possible est de l’ordre de celui d’un monomoteur de tourisme, soit dans les 500 pieds par minute. Le pilote doit faire attention à ne pas laisser la vitesse baisser, comme il ne doit pas chercher à atteindre une vitesse supérieur à V2 ou V2+10 selon les compagnies. Les gestes de base consistent à pousser sur le manche pour aplanir la trajectoire de manière cohérente avec la puissance disponible, puis d’enfoncer le palonnier du coté du moteur sain pour contrer le moment de lacet due à la perte de symétrie de la poussée. Le pilote qui n’est pas aux commandes rentre immédiatement le train d’atterrissage pour diminuer la trainée de l’avion et augmenter les performances. Ces éléments sont rappelés durant le briefing. Une fois ces gestes simples réalisés, l’avion peut continuer à voler pendant des heures. A titre d’exemple, dans le cadre de sa certification, le Boeing 777ER vola pendant 6 heures et 29 minutes au dessus de l’océan sur un seul réacteur.

Boeing 777 panne moteur au décollage
Panne moteur au décollage sur Boeing 777 à pleine charge (Malaysia Airlines). Ne pose pas
le moindre souci à un équipage entrainé.

Le 6 mars 2003, le vol Air Algérie 6289 doit relier Tamanrasset à Alger avec une escale commerciale à Ghardaïa. L’avion utilisé est un 737-200 immatriculé 7T-VEZ. Cet appareil était l’une des machines les plus puissantes de la compagnie et c’était lui que l’on voyait sur les affiches collées dans les vitrines des agences Air Algérie. Délivré en 1983, ce Boeing commençait à dater et allait de moins en moins à l’étranger. Il restait sûr, mais le bruit de ses réacteurs JT8D-17A à faible taux de dilution devenait insupportable aux non-amateurs d’aviation.

Alors que les passagers sont à l’embarquement, peu avant 15 heures, quelque chose de grave se passe dans le cockpit. Le copilote, une femme de 44 ans, réalise toute seule la préparation du décollage. Le commandant de bord est absent et s’exclut totalement de la chaine du fonctionnement de l’avion. Il considère le décollage comme facile, et fort de ses 20 ans d’expérience, il n’accorde aucune attention à ce qui se passe autour de lui.

Pourtant, un départ de l’aéroport de Tamanrasset n’est jamais banal. Ce terrain situé au milieu du désert a tout de même une altitude de 1'377 mètres et il est entouré des reliefs de la chaine du Hoggar. La piste en service est généreuse, 3'600 mètres, mais elle est souvent fissurée sous les effets conjugués de la chaleur et du soleil de plomb. Le vol, qui part avec trois heures de retard, est bondé et l’avion proche de sa masse maximale. La carte de la compagnie indique qu’en cas de panne moteur au décollage de la piste 02, il faut monter dans l’axe jusqu’au VOR de TMS puis de faire un long virage à gauche pour s’éloigner au cap 239.

L’appareil commence à circuler avec 103 personnes à bord. C’est le copilote qui fera l’étape et le commandant de bord l’assiste. Aucun briefing n’est réalisé et l’éventualité d’une panne moteur jamais évoquée.

A 15:14, la puissance de décollage est affichée et l’avion commence à accélérer. Quelques secondes plus tard, il se cabre pour le décollage et à l’instant où les roues quittent le sol, une formidable explosion est entendue sur le coté gauche. A cet instant, le copilote demandait au commandant de rentrer le train d’atterrissage. Non seulement il ne le fera pas, mais il va lui prendre les commandes. Sur le CVR, le bout de dialogue suivant est entendu au moment de l’explosion :
Copilote : besm Allah, besm allah, besm allah, qu’est ce qui se passe ?
Commandant : Lâche ! Lâche !
Copilote : J’ai lâché ! J’ai lâché !
Commandant : Laisse ! Laisse !

Le copilote est totalement surprise par l’évènement et n’identifie par la panne. Au lieu de lui annoncer l’avarie moteur et de lui demander de tenir V2 tout en rentrant le train d’atterrissage, le commandant de bord saisit les commandes. D’après des tests réalisés en simulateur, il est très difficile à un pilote, même averti, de prendre les commandes à un instant critique. Pour cette raison, les règles stipulent que le pilote aux commandes continue à assurer sa fonction.

L'expérience en simulateur est la suivante : un décollage est réalisé en Boeing 737 puis au moment de la rotation, un réacteur est arrêté. A ce moment, on gèle le simulateur. Puis, on demande à des pilotes de prendre place et de gérer la panne dès que le simulateur sera relancé. Un pilote qui est aux commandes depuis le début de la panne a déjà une bonne sensation de ce que fait l'avion. Il peut le récupérer facilement. Par contre, un pilote qui n'avait pas les mains sur les commandes va exiger plusieurs secondes pour sentir l'avion. Or, au bout de ces secondes, l'avion est déjà dans une situation désespérée. Si le copilote avait pu garder les commandes, elle aurait eu bien plus de chances de sauver l'avion.

Le commandant n’a, par ailleurs, aucune confiance dans son copilote. Cette dernière fait partie d’une nouvelle génération arrivée aux commandes des avions sans sélection professionnelle. Dans l’Algérie des années 90, quand un responsable du personnel signait un contrat à un pilote, c’est qu’il rendait service à la personne qui l’avait recommandé. Il n’y avait ni candidats, ni sélection, ni dossiers. L’unique façon d’arriver aux commandes d’un avion de ligne était d’avoir un proche bien placé. Le reste, n’avait aucune espèce d’importance. A titre d’exemple, la compagnie privée de Mr Khalifa, aujourd’hui recherché par Interpol, avait pris plus de 200 jeunes qu’elle envoya en formation à l’étranger. Tous avaient été pris parce qu’ils avaient un parent dans la compagnie ou dans tout autre endroit stratégique. Au bout de quelques mois, ils étaient quasiment tous en situation d’échec. Aucun ne devint jamais pilote ; des centaines de vies furent probablement sauvées par la faillite de cette compagnie.

Ces situations déloyales créées au niveau du management, se répercutent sur le terrain par des pilotes de moins bonne qualité auxquels personne ne fait vraiment confiance. Quand arrivent des instants fatidiques pour lesquels les pilotes sont bien payés et longuement formés, le bon geste n’est pas réalisé. Malheureusement, ces configurations se retrouvent régulièrement en Afrique et contribuent fatalement à diminuer la sécurité des compagnies de ce continent.

Isolée et lâchant les commandes, le copilote ne sait plus trop quoi faire. Elle demande timidement :
- Gear-up ou bien ?

Traduisez : « est-ce que je rentre le train d’atterrissage ou est-ce que je le laisse sorti ? ». Les tables de performances de l’appareil sont on ne peut plus explicite. A charge maximale, si le train est sorti, le taux de montée théorique n’est que de 150 pieds par minute. De plus, cette valeur suppose une technique de pilotage parfaite que le moindre stress ou faux geste vient dégrader. En simulateur, ce taux variait entre +300 et -300 pieds par minute. En substance, il n’est pratiquement pas possible de voler un 737 en monomoteur avec le train d’atterrissage sorti.

Comme le commandant de bord ne répond pas à sa question, le copilote appelle la tour de contrôle :
- On a un petit problème, 6289

Il s’agit effectivement d’un petit problème, mais la mauvaise gestion va en faire un drame national. Plus urgent est à faire, le contrôleur peut très bien vivre sans être au courant de cette panne. Il y aura tout le temps de l’avertir quand le vol sera stabilisé.



Panne moteur gauche sur Boeing 767 au décollage à pleine charge (US Airways). Remarquez l'aileron droit levé et l'aileron gauche baissé. Le pilote braque le manche à droite pour contrer la tendance de l'avion à s'incliner sur la gauche, c'est-à-dire vers le moteur en panne. Le train d'atterrissage finit à peine de rentrer. Une fois équilibré par quelques gestes simples, l'avion peut voler pendant des heures sur un seul moteur.


Le commandant de bord est totalement surpris par la panne également. Il n’est même pas sûr qu’il ait pensé du tout avoir affaire à une panne de moteur. Une fois qu’il tient le manche, il garde la même assiette de montée, soit 18 degrés. Sur deux moteurs, ça donne +1'800 pieds par minute au variomètre. Sur un seul, c’est le décrochage assuré.

Le copilote comprend que le commandant est entrain de faire une bourde. Le stick shaker est entendu plusieurs fois et le GPWS envoi une alarme vocale « Don’t Sink ! ». Elle remet les mains sur les commandes.
- Lâche ! Enlève ta main ! s’écrie le commandant
- S’il vous plait ! répond le copilote d’une voix suppliante
- Enlève ta main ! Enlève ta main !

L’enregistrement se termine sur cette phrase. Alors qu’il avait atteint plus de 120 mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de 30 étages, l’appareil commence à revenir vers le sol de plus en plus vite. S’enfonçant dans le décrochage, il passe le seuil de piste et s’écrase contre le sol. Avant même qu’il ne s’arrête de glisser, il se transforme en boule de feu.

Sur les avions de ligne, au-dessus du train principal, il y a les réservoirs de carburant. Ceux-ci sont montés de sorte à ce que le train d’atterrissage, et pas la structure, supporte le maximum de leur poids lors de l’atterrissage. Quand un crash arrive le train sorti, le fut de celui-ci vient percer le réservoir et libérer le carburant. C’est comme donne un coup de masse sur un ciseau à froid posé sur une bouteille de gaz. L’avion s’embrase immédiatement.

L’accident ne fut pas classé comme survivable et la totalité des occupants du Boeing trouvèrent la mort sauf un.

Trois critères importants déterminent la survavibilité d’un crash. Il y a, tout d’abord, la valeur des forces de décélération. Si elle est trop élevée, elle devient incompatible avec la vie par lésion des organes internes. Le second élément, c’est l’intégrité des ceintures de sécurité, des harnais et des sièges. Le dernier est la conservation de l’espace habitable. Une violation importante de cet espace est incompatible avec la survavibilité du crash.

L’unique survivant était assis tout à l’arrière et sa ceinture n’était pas attachée lors de l’impact. Quand un moteur explose au décollage, il arrive souvent que des passagers détachent leurs ceintures de sécurité dans un réflexe de fuite. Dans ce cas, c’est ce qui sauva ce passager. Au lieu de subir une décélération violente, il fut projeté. Ceci absorba une partie de l’énergie et il eu la chance d’atterrir sur d’autres éléments amortissants. Cependant, il ne faut pas considérer l’absence de ceinture comme un élément favorable. Dans la majorité des cas, seuls ceux qui n’avaient pas ceinture sont tués ou gravement blessés. Lors de ce crash, le chef de cabine n’était pas attaché non plus. Alors qu’il était assis tout à l’arrière, il fut projeté vers l’avant et traversa les 36 mètres de l’avion pour aller s’écraser dans le cockpit.

L’accident du vol 6289, avec 102 victimes, est le plus grave jamais survenu en Algérie. Selon l’annexe 13 de la Convention de Chicago, une panne moteur n’est même pas un accident.

Voir aussi :
- Vidéo d'une panne moteur au décollage avec des pilotes correctement entrainés à bord.





Important : Les articles diffusés ici ont une approche purement technique d'une problématique. Ils n'ont pas pour objectif l'appréciation légale, morale ou autre des circonstances d'un accident. Aucun élément dans ce sens n'a été intégré lors des phases de recherche, de documentation ou de rédaction. Ce contenu est diffusé dans l’intérêt exclusif de la Sécurité Aérienne et donc des personnes transportées par avion.

Rendre la main...

Peu importe la terminologie des pilotes qui sont physiquement aux commandes, car il me parait surprenant qu’avec l’expertise du commandant de bord, il puisse ainsi rester train sorti, badin le coma avec une telle assiette ? jusqu'à la limite du décrochage...
je passe bien sur les remarques de son copi toutes aussi troublantes ?
C’est assez singulier et même, s’il n’a jamais été confronté à ce type de panne, rendre la main et rentrer les traînées relève d’un automatisme naturel,on sent bien à ce moment la dysimétrie de poussée s'installer, c’est cela en fait qui m’étonne le plus, c’est assez incompréhensible à ce moment précis du décollage !

On ne peut pas blamer un

On ne peut pas blamer un professionnel pour son manque de précision et etre approximatif soi-meme.
Il y un terme pour tout désigner, alors autant utiliser le bon!

D'ailleurs, je ne crois pas qu'en aviation il y ait des "automatismes naturels" qui laissent penser qu'ils sont innés.
En aviation, on se prémunit du naturel comme les illusions sensorielles.
Les seuls réponses naturelles de l'etre umain face à un danger sont "fight, freeze, flight", "faire face, ne rien faire, ou s'enfuir"!
A contrario, l'apprentissage est construit pour contrer ces tendances.
Mais qui sait réellement comment il réagira face à un danger de mort imminent? Au simu, c'est facile de rentrer le train, mais peut-etre qu'en réel on se cachera sous son siége en pleurnichant.

Ainsi, sur une panne moteur, on ne rentre certainement pas les trainées!
Si à V2 (soit 1.2Vs ou 1.05 Vmca) vous rentrez vos flaps, vous allez avoir un automatisme naturel à vous écraser au sol.
Sur une panne moteur, on briefe en general "pas d'action avant X ft", sauf controler la trajectoire, identifier la panne et rentrer le train, bien sur!
ça permet de laisser sécher et de pas se précipiter dans une connerie, arrivé à une altitude de sécurité (MSA ou ASD) on va cesser de monter, accelerer, et là seulement rentrer les trainées.

Les trainées

Je me suis certes mal exprimé, j’entendais bien sur par les traînées; le train principal et non les volets bien entendu.
Le train me paraît naturelle comme action reflex, mais pas les volets en revanche à ce moment précis du vol.
Blâmer n’est pas le sujet, mais plus de comprendre comment un Pilote expérimenté peut en arrivé là, facteur humain certainement…

Bonjour Falcon, Hello Amine

Moi qui suis novice en la matière, j'ai lu avec attention vos poste...Amine nous fait part ici d'une étude d'accident qui a malheureusement causé la mort de plusieurs personnes. Le premier élément est une panne réacteur au décollage et le second, la gestion du CDB (seul lui seul a été décisionnaire) face a cet incident.

Nous savons que des dizaines d'avion rencontrent ce problème et que des procédures sont là pour y remédier. Amine revient sur la décision du CDB et nous dit simplement qu'il n'as pas suivi la procédure a suivre dans ce cas de panne, il ne parle pas de l'humain, mais du pilote et je pense qu'il a raison...Les passagers n'ont pas a subir les problème personnel des humains, mais seulement les décision des pilotes.
Et dans ce cas là, il semblerais même que les pilotes ne sois pas d'accord entre eux...Alors il est normal qu'Amine revienne sur le CDB !

Bonjour Mouffec, Votre

Bonjour Mouffec,

Votre remarque est trés interressante.
J'essaie juste de partager le point de vue que la difference entre connaissances théoriques et restitutions pratiques generent de grands ecarts.
Le travail de vulgarisation et de pédagogie auquel se livre monsieur Mecifi est trés difficile, j'en conviens.
Mais je crois qu'on peut restituer une situation voire un contenu CVR (bien que tiré de son contexte et des heures precedentes me semble tronquer la réalité) sans apporter de commentaires personnels, et faire en sorte que tout le monde comprenne au seul travers des actions techniques.
Les observateurs peuvent comprendre ce qui se passe et les professionnels aussi, pas besoin de faire un dessin.
Dans nos formations, à tous les étages on fait des etudes de cas d'accidents réels ou de "near miss".
Je me souviens encore ma 1ére réaction face à la description d'un cas "mais quel c... celui-l!", mon interlocuteur un pilote de ligne experimenté m'a repris et j'avoue que sur le coup je n'ai pas compris sa réaction.
Aujourd'hui aprés quelques milliers d'heures de vol et pas mal de conneries, je suis bien plus humble et silencieux face au récit d'un accident dramatique sachant avec quelle vitesse les evenements s'enchainent, et sachant aussi que tous ces pilotes ont un jour ou l'autre fait une action pro qui a sans doute sauvé bien des passagers.
La performance est inégale, on le sait tous.
Je n'excuse en rien les comportements qui ont conduit à ces accidents, mais je ne sais que trop bien ce qui peut conduire des professionnels experimentés à se retrouver dans cet entonnoir.
Je crois aussi qu'il est parfaitement illusoire de réclamer qu'un passager n'ait pas à supporter les erreurs et ce qui les provoque de la part d'un pilote, lorsqu'un pilote se fait operer par un des ses passagers chirurgien, il s'en remet à lui, quand il monte à bord d'un passager taxi, il lui fait confiance.

Merci de cette réponse

Et puis le Pilote dans ce cas en a été la première victime, il n'est pas censé partir avec une machine défaillante, L'accident et le drame sont liés a la panne moteur en premier lieu...avant d'être un problème de gestions.

Nuance !

Nuance !
Un pilote sait qu’il peut être confronté à une avarie mineure ou majeure, il est d’ailleurs préparé pour y faire face, c’est le but des contrôles réguliers en ligne et/ou au simulateur.
Donc, dire que l’appareil n’est pas censé partir avec une potentielle défaillance, revient à senssiblement à considérer qu’il ne peut y avoir aucune erreur dans l’ensemble de la chaîne humaine qui permet la mise en œuvre, le suivi, l'entretien etc.. de l’aéronef en question ! La j’ai un doute, car c’est à mon avis impossible.
Les redondances servent justement à palier aux potentielles défaillances des systèmes et permettre de continuer au mieux en mode dégradé !
Aussi, on sait bien que le décollage est une phase délicate, car la contrainte des moteurs est importante, ils doivent fournir leur une puissance maximale !

Réaction.

Je me suis inscrit sur ce site à la lecture de ce "rapport" d'accident.

Tout d'abord je m'étonne que quelqu'un qui prone une approche technique d'une problématique n'applique pas lui-meme les bases élementaires du CRM.
Dans aucun rapport d'accident serieux on ne verra un jugement
à l'égard des pilotes.
D'abord ils sont morts, et ils ont droit à un peu de respect ainsi que leurs familles qui peuvent trés bien lire vos lignes.
Ensuite les pilotes ont compris avant beaucoup d'autres qu'ils faisaient des erreurs comme tout humain, on apprend donc à les détecter et les corriger, mais on en fait toujours.
Enfin, ça n'a aucun sens car ça ne fait jamais avancer les problémes, si vous jugez que tel pilote est mal entrainé (et selon quels criteres?), adressez vos reproches à la direction de la compagnie et à l'autorité de tutelle.
Pour finir, ça traduit seulement la frustration du rédacteur de ne pas etre lui-meme pilote, tout pilote, lui, sait qu'il n'est pas à l'abri d'une faute meme enorme, mais pour le savoir, il faut encore se confronter à la situation ailleurs que dans des livres.

Il est quasi amusant de lire vos commentaires, sur la façon dont on traite une "simple" panne moteur, "et je mets su pied, et je mets de l'aileron, et je tiens la vitesse à V2"...je me demande ce que penserait un pilote de rallye qui s'entendrait dire apres une sortie de route, "fallait tourner le volant et accelerer", de la part d'une personne ayant tout juste son permis de conduire.
Un pilote avec 20ans d'experience en saura toujours plus que vous sur la façon de piloter un avion.
Vous ne pouvez pas vous tromper, vous commentez les erreurs des autres derriere un écran d'ordinateur.

Pour finir, j'ignore d'où vous sortez cette fable sur les pilotes Khalifa! J'ai croisé certains d'entre eux qui étaient bien contents de trouver un 1er job sur ATR en Algerie pendant que d'autres galeraient en Europe. Je n'en connais que 4 mais ils sont tous CDB; TRI dans des compagnies du Golfe et chez AF aujourd'hui, certains sont Algeriens, d'autres non, aucun n'a été embauché de la maniére dont vous le décrivez.

Pour finir votre brillante analyse, pourquoi n'avez vous pas annoncé le nombre d'accidents total ayant frappé Air Algerie?
Ce serait interressant, cette compagnie dont les pilote ssont si nuls doit avoir des chiffre effrayant!

Bonjour, Securite Aerienne

Bonjour,

Securite Aerienne n'est pas le BEA ou le NTSB. Ce n'est pas non plus un journal a sensations. J'essaye de garder aux articles diffuses ici un esprit le plus neutre possible. En meme temps, j'ajoute aux rapports d'accident des donnees en provenance d'autres sources presse, temoignages... etc. Je peux egalement y ajouter mes remarques personnelles. Le lecteur peut prendre ou laisser.

Je n'ai pas de parti pris. La seule chose qui me fait mal c'est de voir des pilotes ecraser un avion presque comme si ca avait ete fait expres. Ca reste heureusement une minorite.

Dans tous les articles, les aspects ayant joue un role important dans l'accident sont mis en avant. Comme souvent, l'aspect humain joue un role fondamental. Ce n'est pas quelque chose de particulier a cet accident. Stress, mauvais choix, manque d'entrainement ou de formation, violation des procedures, mauvais jugement, pression operationnelle... sont des classiques qui se retrouvent dans la quasi-totalite des accidents.

Dans le cas de ce vol, les pilotes n'etaient pas a l'aise avec la gestion d'une panne moteur au decollage. Le rapport officiel d'accident est sans appel.

L'information sur les Khalifa je la tiens d'un commandant de bord A340 chez Khalifa. Lui meme etait sur 727 chez Air Algerie et il a saute chez Khalifa qui lui a finance la qualification sur A340. Il m'avait lui meme parle du chaos lies au training des Ab-initio.

Pour en revenir a la terminologie. PIC designe le commandant de bord, mais le copilote peut, dans certaines conditions, logguer le temps de vol ou c'est lui a les commandes en tant que PIC. Dans le contexte de ces articles, ce n'est pas le grade des pilotes qui est important, mais l'organisation et la distribution des taches entre eux au moment de l'accident. Vous pouvez remplacer par PF et PNF si vous voulez.

Merci de votre contribution

Si vous le voulez bien,

Si vous le voulez bien, attention à ne pas sortir du champ "technique" en argumentant sur une possible "frustration" du rédacteur pour je ne sais quelle raison. C'est agressif, inutile et hors sujet.

Pour ma part, je préfère les erreurs de quelqu'un de comptétent (quand même) qui tente des explications en toute bonne foi "derrière son ordinateur" que celles de pilotes dont le job est de faire voler des avions avec nos fesses dedans.
Même avec prise de conscience qu'il peut y en avoir à leur propos, les erreurs ne sont pas acceptables dans un cockpit. Le respect va surtout aux passagers qui ont fait les frais de ces "possibles" erreurs. Quant à la comparaison avec un pilote de rallye, elle est totalement inadéquate. Il n'y a pas une centaine de personnes sur le siège arrière. Enfin, il me semble...

S'il y a bien une chose

S'il y a bien une chose qu'on apprend dés le début de notre formation professionnelle, c'est que des erreurs on va en faire à chaque vol.

L'erreur ça va du mauvais affichage d'une fréquence jusqu'à une décision tellement inadéquate qu'on ne peut plus s'en sortir.

Le métier de pilote restera toujours un métier d'experience, on part avec un bloc de connaissances théoriques et pratiques à l'issue de nos brevets et on se confronte à la réalité, et là on constate qu'on en sait pas lourd!
Meme avec des milliers d'heures de vol dans le monde entier, il y a toujours un moment où en arrive à cette conclusion. C'est encore le meilleur moyen de progresser, de continuer d'apprendre et de rester humble devant les élements et la machine.

Mais pour le comprendre il faut le vivre ou à défaut faire confiance à ceux qui le vivent.

J'ai parcouru le site, c'est vrai que le travail accompli est à saluer et que les informations techniques sont de qualité, mais les commentaires fait à l'égard des membres d'équipage me choquent un peu.

Il est certain que s'il n'y avait pas de pilotes, il n'y aurait pas de crash, mais il n'y aurait pas de vols non plus.

On ne peut pas juger d'un homme au seul travers d'un accident, pensez à la plus grosse connerie de votre vie et imaginez que votre nom y soit associé sur le net!
A quoi ça sert? A punir les pilotes? Ils sont deja morts!
Au mieux vous offensez un orphelin.

Un pilote dans sa carriére peut voler avec une rage de dent, une migraine, sa femme qui s'est barré pendant qu'il est en mission à 10000 bornes de la maison, un décés familial dans les memes conditions et tutti quanti.
Si un probléme majeur survient dans ces conditions, qui blamer? Le dentiste, la femme sui s'est barré?
Non, le quidam moyen dira: c'est le pilote le responsable.
Tant qu'on sera à bord ce sera le cas.

C'est ce qui m'interpelle en lisant ces commentaires, on a l'impression que la solution passe par toujours plus d'automatismes jusqu'à evincer les pilotes des appareils.
Mais etre expert en accidentologie ou en sécurité aerienne ne veut pas dire etre expert en exploitation aeriennne ou en pilotage.
Je crois que si le travail accompli conduit à une scission entre passagers et équipage et une perte de confiance réciproque, il est contre productif.

Il y a toujours danger selon moi à apprehender une petite portion d'un métier comme le notre, celui qui accumule des connaissances disparates meme si elles sont pointues fini par penser qu'il a tout compris et juge d'une situation au travers de son prisme déformé.

L'exemple de l'accident d'AF au pot au noir est flagrant, on explique aux journalistes la nature du pot au noir et on a sur le ondes pendant des jours la meme rengaine "pourquoi passer par cet endroit?" Question pleine de bon sens pour le téléspectateur mais affligeante pour nous.Alors aprés ça on expliquera ce qu'est l'équateur météorologique, puis ce qu'est un plafond d'accrochage, puis un cb, puis une route, puis une fréquence hf, bref on en sort jamais.

Comme dans tous les corps de métier, on a nos moutons noirs, des nuls qui passent entre les mailles du filet, des caracteriels etc
On fait avec, on choisit pas toujours ses collégues.

Pilotes khalifa

Vous confirmez au sujet de khalifa qu aucun ne devint jamais pilote,car vu la facon de selection et recrutement ,ca fait peur de se retrouver avec l un d eux en vol.

Disons que sur ce coup là,

Disons que sur ce coup là, le commandant de bord est dans une situation de cockpit autoritaire très loin en fait de ce que l’on appelle la CRM c’est à dire la notion d’équipage décision partagée et comprise. Persévérer malgré l’enfoncement jusqu’au décrochage avec les alarmes et le stick shaker c’est assez rédhibitoire…

Oui, sur ce coup, il n'y

Oui, sur ce coup, il n'y avait aucune marge. L'avion etait un bimoteur, chargee et decollant d'un aeroport avec une altitude densite assez elevee. La panne est arrivee au moment le plus defavorable. A partir de la, il n'y avait plus de place pour une erreur supplementaire.

Les pilotes n'avaient pas fait de briefing avant le decollage. Ni l'un ni l'autre n'etaient dans l'optique de panne moteur. Pourtant, c'est LA chose a laquelle on pense tout le temps durant l'acceleration et le decollage sur un avion.

Quand le moteur s'est arrete, ils n'ont pas eu le temps de revenir dans la boucle. Le commandant etait dans le deni et il a maintenu l'assiette. C'etait aussi une grave erreur de prendre le manche. Il eut fallu rentrer le train d'atterrissage et a la rigueur, donner des instructions au PIC en lui disant qu'un moteur est en panne et en lui rappellant d'applatir la trajectoire pour afficher une vitesse de montee N-1 tout en poussant le palonnier du cote moteur fonctionnel.

Ca a l'air complique comme ca, mais les gestes sont si bien integres qu'un observateur n'a meme pas le temps de finir un juron que c'est sous controle.

Le commandant aurait du

Le commandant aurait du donner des instructions au PIC?
Donc à lui-meme?

Vous vouliez peut-etre dire SIC?

Vous voyez que les erreurs arrivent vite.
Meme pas le temps de dire un juron!:

Bonjour Le Pilot in Command

Bonjour

Le Pilot in Command (PIC) n'est pas necessairement le commandant de bord. C'est le pilote qui tient le manche et donc pilote effectivement l'avion.

Ca peut etre le commandant de bord comme ca peut etre le copilote. Ils s'entendent sur qui fait tel atterrissage ou tel decollage et celui qui n'est pas aux commandes joue le role d'assistant. Ce dernier s'occupera de la radio, les volets, le train d'atterrissage, certaines annonces... etc.

Je regrette mais c'est

Je regrette mais c'est faux!
Que ce soit en réglementation JAA ou FAA le Pilot In Command est toujours le commandant de bord, l'OPL lui est désigné par SIC pour Second In Command, c'est d'ailleurs indiqué textuellement sur les licences americaines.
La répartition des taches que vous évoquez se superpose à cette répartition des résponsabilités.
Il y a à chaque vol, un PF Pilot Flying ou Pilote en Fonction en français et un PNF, Non Flying ou Non en Fonction, terme qui se remplace de plus en plus souvent par PM, Pilot Monitoring.
Dans le cas évoqué, le PIC etait PNF.