Dossier NORJAK : Enquête sur le mystère du vol Northwest Orient 305

Le FBI prévient sur son site internet : attention, cette histoire est trop passionnante. Beaucoup d’agents spéciaux, enquêteurs, militaires, journalistes, chasseurs de primes et même des pères de famille ont cherché à trouver la clé de cette énigme. Lancé il y a près de 40 ans, ce dossier n’a jamais été classé. Jusqu’à nos jours, il est encore ouvert et actif. Qu’ils aient passé dessus une journée ou dix ans de leur vie, tous ceux qui se sont penchés sur ce dossier en sont sortis avec leur théorie quand ce n’est pas avec leur conviction. La réponse définitive n’est jamais venue. C’est peut-être mieux ainsi.

C’était le 24 novembre 1971; le mercredi juste avant le Thanksgiving, fête nationale célébrée aux USA le quatrième jeudi de chaque mois de novembre. L’appareil, un Boeing 727-100, appartenait à la compagnie Northwest Orient faisant partie aujourd’hui de Delta. Ce triréacteur que certains n’hésitent pas à designer comme l’avion le plus élégant jamais fabriqué dispose d’un escalier escamotable situé tout à l’arrière. Ceci jouera un rôle important dans le reste de cette histoire.

 

N467US Cooper
727-51 de Northwest Orient
 

 

L’avion réalisait le vol 305 qui devait relier Portland à Seattle au nord-ouest des Etats-Unis ; pratiquement à la frontière canadienne. Il n’y a même pas 250 kilomètres entre les deux villes, aussi, le vol ne devait durer que quelques dizaines de minutes.

La météo était maussade, l’air turbulent et la pluie battait l’avion et ruisselait sur les ailes et les hublots. L’ambiance était telle que l’hôtesse de l’air fut surprise qu’un homme, tout à fait convenable d’ailleurs, lui passe une petite note contenant, ce qu’elle croyait être, son numéro de téléphone. Elle fourra la note dans sa poche sans daigner la lire.

Assise au fond de l’avion, elle observa le passager installé le plus à l’arrière possible au siège 18C. Il était grand, peut être un mètre quatre vingt et devait avoir début de quarantaine. Il était bien mis – costume noir, chemise blanche, cravate – et grillait des Raleigh filtre l’une après l’autre. Avec les cheveux courts, son pardessus crème et sa mallette noire, sa description pouvait correspondre à celle de millions d’autres Américains.

Comme l’hôtesse ne réagissait pas, il se retourna vers elle et d’une voix calme et posée, il lui demanda de lire le billet.
– J’ai une bombe, déclara-t-il

Tremblante, l’hôtesse ouvrit le papier et le lut. Il indiquait que l’appareil était détourné mais que la destination restait toujours Seattle. La menace était simple : ou bien de l’argent lui étaient remis à l’atterrissage ou bien tout le monde sautait. Il demanda également des parachutes civils. Deux principaux et deux de secours soit quatre en tout. Le texte précis de la note ne nous sera jamais connu. Le pirate a récupéré son papier par la suite afin de ne laisser aucune trace tangible de son passage.

La jeune hôtesse se dirigea vers le poste de pilotage et informa le commandant de bord. A ses yeux, le pirate avait l’air déterminé, calme et intelligeant. Un homme d’affaires. Pas moins homme d’affaires, le commandant de bord demanda à l’hôtesse de revenir et vérifier que le passager est bien un homme sérieux. Pas de bombe, pas de détournement, c’est la règle.

L’hôtesse s’exécuta. Discrètement, elle s’installa sur le siège à cote du passager et elle lui dit qu’elle était mandatée pour prendre connaissance de l’objet de la menace. L’homme posa une mallette sur ses genoux et souleva délicatement le couvercle. A l’intérieur, il y avait plusieurs cylindres rouges reliés entre eux par des fils électriques qui finissaient sur les cosses d’une grosse batterie. Au demeurant, il était en possession d’assez de dynamite pour faire sauter tout le monde. Le détournement pouvait commencer.

Montrant qu’il n’était pas homme à profiter de la situation, le pirate fit transmettre par le commandant de bord que ses exigences s’élevaient à deux cents mille dollars. En comptant le prix de l’avion, les 36 passages, les cours de l’époque et le risque pris pour l’opération, ça ne valait pas plus. Du coté des autorités et des assureurs, un raisonnement similaire prévaut. Si le forcené avait exigé le million, la demande aurait été légitime mais néanmoins fantaisiste. L’homme aurait été pris pour un dangereux forcené. Les shérifs locaux n’auraient pas hésité à donner l’assaut et à lui faire passer des centaines de balles a travers le fuselage. A l’opposé, une demande raisonnable invite naturellement à… la raison. D’autant que réunir des spécialistes d’assaut un soir de Thanksgiving n’est pas gratuit non plus. La décision de payer s’imposa d’elle-même.

Pendant que l’avion brûlait son reste de kérosène en tournant au-dessus de Seattle, les responsables de la compagnie aérienne comptaient la somme. Les billets ne se suivaient pas, mais avaient été tous photographiés et leurs images stockées sur microfilm. Bien sûr, il est impossible de photographier 10000 billets en une heure de temps, par contre, la banque qui a fourni l’argent avait toujours un lot disponible pour ce genre de cas. Dès qu’il y avait demande de rançon, c’est des billets répertoriés et photographiés au préalable qui sont utilisés. Pour tromper l’ennemi, les dollars étaient organisés en liasses de différentes tailles et reliées chaque fois différemment. Ceci donnait l’impression que l’argent avait été réuni à la va vite.

Toutes sirènes hurlantes, des voitures de police arrivèrent à un club de parachutisme où deux sets de parachutes principaux, parachutes de secours furent réquisitionnés. Il n’était pas question de les trafiquer parce que le pirate avait laissé entendre qu’il pourrait peut être contraindre un passager ou un membre d’équipage à sauter.

Pendant ce temps, le pirate de l’air était assis confortablement et se faisait servir du whisky qu’il insistait pour régler rubis sur ongle. Pour être agréable à l’équipage, il exigea qu’on leur livre des plateaux repas en même temps que la rançon.

Une fois que tout fut réuni à l’aéroport de Seattle, le message fut passé à l’avion. Quelques minutes plus tard, le commandant de bord demanda l’autorisation d’atterrir.

L’avion quitta la piste et, toutes lumières éteintes, il roula vers un coin tranquille du tarmac où les affaires pouvaient se traiter. Selon un accord préétabli, une voiture s’approcha avec un homme seul au volant. Un volontaire de la compagnie. Il apportait l’argent qui tenait dans un sac à dos de près de dix kilogrammes ainsi que des parachutes. Il fut reçu en bas de l’escalier par une hôtesse de l’air qui dut faire plusieurs allers retours pour tout faire rentrer.

 

N467US Avitaillement
Photo prise à Seattle Tacoma durant l’avitaillement. Le camion est de l’autre coté.
 

 

Quelques minutes plus tard, tous les passagers furent libérés ainsi qu’une des deux hôtesses de l’air. Respectant sa part du marché, la police envoya un camion citerne avec assez de kérosène pour faire le plein.

Les employés d’avitaillement semblaient faire trainer la manœuvre. Un quart d’heure après le début de l’opération, ce n’était pas encore fini. Connaissant le débit exact des pompes du camion ainsi que le volume des réservoirs de l’avion, le pirate sentit le coup foireux. Immédiatement, il fit transmettre de nouvelles menaces par l’équipage. Ou le carburant était livré vite, ou bien tout sautait.

Pendant ce temps, un inspecteur de la FAA arriva au pied de l’avion et demanda l’autorisation de monter. Il voulait parler au pirate et formuler une mise en garde au sujet des conséquences légales de la piraterie. Autorisation refusée. Il lui fut également enjoint de la fermer. Ce fut le seul écart de langage de toute cette équipée.

De toute manière, à la FAA le Boeing était donné comme explosé en vol à dix contre un. Pour le psychologue de service fit transmettre son pronostic au commandant de bord : le pirate va sauter avec l’hôtesse de l’air et, peu après, l’avion sera pulvérisé par la bombe. Rassurant.

Peu avant 8 heures du soir, deux heures et six minutes après son arrivée, le Boeing 727 décollait, les feux toujours éteints. Deux F-106 Delta Dart de l’US Air Force le prirent discrètement en filature.

Le commandant de bord déposa par radio un plan de vol pour Mexico mais avec des paramètres étonnants. L’avion volerait à 10000 pieds seulement et maintiendrait une vitesse d’à peine 150 nœuds. A bord du 727, la situation était délicate. Malgré le vent, la pluie qui tombait à torrents et les turbulences, le commandant de bord n’avait pas le droit d’aller plus haut ou plus vite. Le pirate disait avoir un altimètre portatif et avait interdit qu’on pressurise la cabine. De plus, il demanda aux pilotes de laisser les volets à 15 degrés et le train d’atterrissage sorti tout le long du vol.

N467US Telex
Télex envoyé à Seattle (SEA) par les services de la compagnie qui ont été les premiers à apprendre le détournement.

Les fautes sont dues à la nervosité de l’operateur.

Le copilote tenta de le raisonner lui expliquant qu’en volant ainsi, le 727 avait une autonomie réduite et qu’il ne pourrait jamais atteindre Mexico. Le pirate semblait au courant de cette dégradation du rayon d’action et demanda à l’équipage de faire escale à Reno dans le Nevada pour refaire le plein encore une fois.

Ses connaissances de l’avion étaient impressionnantes montrant un niveau de préparation hors du commun. A un moment donné, il discutait avec l’hôtesse restante. Il lui demanda si, à son opinion, il était possible de baisser l’escalier mécanique lorsque l’avion est en vol. Elle lui répondit que ce n’était pas faisable. Il sourit et lui demanda de rejoindre les autres au poste de pilotage et de refermer la porte. Il resta seul dans la cabine plongée dans le noir.

La question de l’ouverture de la porte en vol n’est pas si triviale que cela. A l’époque, même chez Boeing, elle faisait débat entre les pilotes d’essai et les ingénieurs de chez Boeing. Personne ne pouvait y répondre avec certitude. En effet, cette porte, une fois déverrouillée, ne fait que descendre sous son propre poids. En vol, celui-ci est contré par la puissance du vol relatif qui tend à plaquer la porte. A 150 nœuds et avec le poids d’un humain dessus, s’ouvrira-t-elle ?

 

N467US Porte
Sortie arrière du Boeing 727
 

 

 

* * *
 

Quelque part sous la pluie, les pilotes de l’US Air Force pestaient contre leur destin. Les intercepteurs déployés étaient capables de voler à mach 2.3 et de monter pratiquement au niveau 600. Au niveau de la mer, ils assumaient sans problèmes un taux de montée de 29000 pieds par minute. Ils pouvaient atteindre le niveau 530 en montant à une moyenne de 7500 pieds par minute. Cette merveille de la technologie avait quand même un souci : elle n’était pas prévue pour poursuivre un avion qui évoluait à sa vitesse minimale les volets sortis. Les ailes en delta entaient peu maniables à faible vitesse et exigeaient beaucoup de gaz pour tenir en l’air. Apres l’entrée dans le front pluvieux, les pilotes de chasse perdent le 727 de vue.

 

N467US Porte
Convair F-106 Delta Dart – Vitesse maximale : mach 2.3 (FL450)
 

 

Dans le cockpit du Boeing, les deux pilotes, le mécanicien naviguant et l’hôtesse de l’air se posaient des questions sur la tournure qu’allaient prendre les événements quand tout à coup, ils sentirent une nette variation de pression d’air. L’avion eut tendance à piquer du nez et le commandant de bord tira le manche pour compenser. En même temps, sur l’annonciateur principal, un voyant s’alluma : la porte arrière venait de s’ouvrir.

A ce moment, l’équipage devina que le pirate avait probablement sauté et le point survolé fur repéré sur une carte. Par contre, il n’y avait pas moyen de s’en assurer parce qu’il leur était strictement interdit de quitter le cockpit. Ils continuèrent à voler le plus lentement possible jusqu’à Reno.

L’appareil atterrit et quitta la piste. Les réacteurs furent coupés et pendant cinq minutes, personne ne bougea. Le commandant de bord fit un appel à l’interphone puis il ouvrit la porte prudemment. Les membres d’équipage s’avancèrent jusqu’au bout de la cabine. La porte était encore ouverte, mais le pirate avait disparu en prenant sa mallette, son pardessus, le sac bourré de billets de banque ainsi que deux des parachutes, sa cravate ainsi que 8 mégots de cigarettes.

A l’extérieur, la police boucle l’aéroport et des camions citerne se tiennent prêts pour refaire le plein comme demandé.

 

N467US Porte
Reno, Nevada, le lendemain du détournement. Inspection du Boeing 727.
 

 

Le contrôleur aérien appelle les pilotes et apprend la nouvelle. Il leur transmet un ordre de la police : ne touchez à rien et sortez par la porte de devant. L’ordre est répété plusieurs fois mais l’équipage ne peut pas s’exécuter parce qu’il n’y a aucun escalier à la porte avant. Au contraire, ils préfèrent que personne ne s’approche. Ils choisiront de sortir par la porte arrière et iront se rassembler au nez de l’avion.

 

N467US Porte
Images CBS : maitre chien en bas du 727
 

 

La chasse à l’homme ne pouvait pas se lancer la nuit même a cause de la météo, mais des le soleil levé, une des plus grandes battues jamais réalisées commença. Pour la police, surtout le FBI, c’était une question d’honneur. Jamais un criminel ne les avait provoqués de la sorte. Il avait annoncé qu’il allait réaliser un crime, où et comment et les obligea à apporter leur concours. Plus de 400 soldats furent mobilisés aidés épaulés par des policiers, des agents fédéraux, des rangers, des chasseurs de prime et même des membres du public.

 

N467US Porte est en vol
Photo prise en vol. Remarquez l’angle d;ouverture de la porte
 

 

Pour déterminer la zone de recherche, le Boeing 727 avec le même équipage refit le même vol. Au moment où le commandant de bord donna le signal, la porte arrière fut déverrouillée. Elle s’ouvrit lentement et se stabilisa à environ 20 degrés. Un traineau lesté à 95 kilogrammes et muni d’un parachute fut engagé dans l’escalier. Sous son poids, la porte s’ouvrit jusqu’au bout et dès qu’il passa dans le vide, elle rebondit vers le haut, se refermant complètement puis se rouvrant et se stabilisant encore à 20 degrés.

 

N467US Police
Cinématique de la porte lors du saut
 

 

Le point où atterrit le parachute est considéré comme le centre des recherches. Beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec le cas sont trouvés tel le corps d’un adolescent disparu. Par contre, aucune trace du pirate de l’air. Le test est répété pendant des mois et à chaque fois une nouvelle zone est délimitée et passée au peigne fin.

 

N467US Recherches
Points de recherche du FBI
 

 

L’avion fut inspecté minutieusement. On y trouva des centaines d’empreintes dont 66 n’ont jamais pu être associées à un passager ou à un membre d’équipage.

A l’aéroport de départ, les souches des billets d’avion sont passées au peigne fin. On trouve une au nom de Dan Cooper. La police se met a la recherche de tous les truands qui s’appellent ou se font appeler ainsi. Ils arrêtent une personne dont le nom est D. B. Cooper. Le gars est rapidement mis hors de cause, mais son nom passe dans la presse. C’est ainsi que le pirate rentrera dans la postérité sous ce nom.

 

N467US billet Dan Cooper
Billet au nom de Dan Cooper
 

 

Les numéros des billets sont communiqués à toutes les polices du monde et la compagnie aérienne offrit une récompense de 25000 dollars à toute personne permettant de localiser le fugitif. Le FBI offre jusqu’à 100000 dollars.

Au fil des semaines, puis des mois, la piste refroidit et les recherches s’épuisent.

Deux ans plus tard, un journal publie les numéros de série des billets et promet 1000 dollars à toute personne qui peut trouver en circulation un des billets recherchés. Un peu plus tard, un journal de Seattle augmente la mise en offrant 5000 dollars pour un billet de 20 dollars. Personne ne se présente

En février 1980, un garçon de 10 ans trouve un paquet de 5880 dollars enfouis dans la boue sur les berges de la rivière Columbia. Ces billets étaient fortement endommagés par leur séjour dans la terre humide. Ils furent rapportés aux autorités. Apres une rapide analyse, leurs numéros correspondaient à ceux livrés en rançon 9 ans plus tôt.

 

N467US dollars
Billets retrouvés en 1980. D’après les analyses, ils se sont retrouvés sous terre au plus tôt en 1974, pas avant.
 

 

Cette trouvaille renforça ceux qui dont l’opinion était que le pirate s’est tué lors du saut. En effet, dès le début de l’enquête, certains agents pensaient que vu la vitesse et le souffle des réacteurs, on ne peut sauter du 727 sans se faire tuer. Des ingénieurs de chez Boeing partageaient la même vision des choses. Cette idée fut remise en cause quand un imitateur, Richard McCoy Jr, réalisa un détournement similaire quelques mois plus tard et arriva au sol saint et sauf avec un magot d’un demi-million de dollars. Il fut arrêté peu de temps plus tard et condamné à 45 ans de prison. Il réussit à s’enfuir en détournant un camion poubelle à l’aide d’un pistolet en pate dentifrice mais sa cavale ne dura pas longtemps. Un jour, le FBI se présenta à sa porte. Il tira sur les agents. C’était l’erreur de trop. Il fut abattu d’une décharge de fusil à pompe. Cher payé puisqu’il n’avait eu le temps de dépenser que 30 dollars de la rançon qui fut presque intégralement retrouvée.

Pour mettre fin à ces pirateries, Boeing modifia le 727 en installant un petit volet au niveau de la porte arrière appelé Cooper Vane. Quand l’avion est en vol, le vent relatif le tourne de 90 degrés. Sa tige agit alors sur le mécanisme de la porte arrière et le bloque. Au sol, un ressort de rappel réinitialise le système. Il reste toujours l’option de sauter par une porte latérale, mais les risques de se prendre un réacteur ou un élément de structure sont tels que personne ne tenta depuis.

D. B. Cooper rentra définitivement dans la légende. Des gens de tout le pays venaient camper dans la zone du saut et cherchaient son magot. D’autres vendaient des t-shirts ou des autocollants avec son portrait robot. Un homme fut condamné pour escroquerie après qu’il eut soulagé un écrivain de 30000 dollars en promesse d’une entrevue secrète avec le pirate. Un journaliste publia une fausse interview et fut démasqué. De très nombreuses personnes accusèrent un associé, un voisin ou une vague connaissance d’être la personne recherchée. Mieux encore, il ne se passe pas un mois sans qu’un vieux ne déclare juste avant sa mort que D. B. Cooper c’est lui. Les chauffeurs de taxi de New York à San Francisco vous racontent, en fonction des jours, qu’il est mort lors d’une dialyse, ou d’une overdose de cocaïne ou bien d’un accident de voiture.

De très nombreux livres furent écrits sur le sujet dont au moins trois par des agents du FBI ayant été passionnés par cette affaire.

 

N467US Dan Cooper
Portrait robot de D. Cooper
 

 

Une autre théorie : [!!! Attention, Spéculation personnelle !!!]
Plus on étudie cette affaire, plus on est frappé par les contradictions du personnage de D. B. Cooper. D’un coté, voila un pirate déterminé, aux connaissances et à la logique implacables, un Arsène Lupin du ciel, qui plie tout le monde à sa volonté. Par contre, il saute en tenue de ville au-dessus d’un endroit dont il ignore la position exacte. Au sol, il demande des plateaux repas pour l’équipage, mais ne demande pas un équipement de survie pour lui. Il aurait pu exiger des chaussures de marche, un pull militaire, une grosse veste, des gants, des rations de survie… mais il ne demande rien de tout ça.

De sa part, l’équipage vole avec un pirate qui va selon toute vraisemblance sauter en vol en laissant sa bombe à bord. La porte s’ouvre et l’annonciateur l’indique clairement. Pourtant, pendant près de 3 heures ils continuent à voler sans même jeter un coup d’œil à la cabine ne serait-ce que sous le prétexte de lui offrir quelque chose à boire.

Quand ils arrivent à Reno et le contrôleur leur demande depuis combien temps ils n’ont pas vu le pirate, le commandant de bord déclare que son management lui a demandé de ne pas répondre aux questions pour le moment. C’est presque s’il n’exige pas d’avocat alors qu’il n’est même pas descendu de l’avion encore. Tout pilote normal aurait, à ce moment, manifesté plus de bonne volonté à aider les autorités sans délai.

Personne n’a vu le pirate mis à part l’équipage. Les passagers n’ont même pas compris qu’il y avait détournement. Pendant que l’avion tournait au-dessus de Seattle, on leur a simplement dit que l’atterrissage était retardé à cause d’un petit problème technique quelque part. A l’atterrissage, on les a assez vite libérés.

Et si c’était l’équipage tout simplement ? Au début des années soixante dix, les détournements d’avion étaient monnaie courante. Les passagers embarquaient sans le moindre contrôle. Les pirates amenaient leurs armes simplement rangées dans leurs mallettes ou sacs à dos. Et si les pilotes de cette compagnie en avaient eu ras le bol ? Si pour une fois il n’y aurait pas un détournement pour « leur gueule ». Une fois qu’on part sur une telle base, il n’y a plus aucune anomalie. Tout semble coller à la perfection.

Poussons la spéculation plus loin… Ces personnes volent souvent ensemble. L’appareil fait des vols locaux avec de très nombreuses escales en parcourant le pays dans tous les sens. Un jour nait l’idée de réaliser une opération audacieuse en inventant un pirate qui sauterait de l’avion avec une rançon. Des tests sont réalisés durant des vols de positionnement. La porte arrière est déverrouillée et l’avion ralentit jusqu’à ce que la vitesse soit suffisamment basse pour permettre la sortie. Il fut déterminé que 150 à 170 nœuds serait une bonne valeur. Le pirate allait donc exiger cela. Malin, il demandera aux pilotes de garder les volets sortis à 15 degrés. Il n’a qu’à regarder par le hublot pour se rendre compte de leur position. Il sait que tant qu’ils sont sortis, l’avion ne pourra pas aller vite. Pour l’altitude, il prendra avec lui un altimètre portatif. L’avion n’étant pas pressurisée, l’altitude cabine sera la même que l’altitude avion.

A Seattle, une fois que la rançon est à bord, les passagers et deux hôtesses sont libérés. Chacune porte 4.5 kilogrammes de billets dans son sac. L’argent n’a même pas passé dix minutes dans le 727. C’est autour des pilotes maintenant de décoller et de donner le change. L’US Air Force les prend en chasse. Ils les sèment comme il n’y a que des pilotes qui savent le faire. Les volets sont sortis, peut être même totalement, et l’appareil maintenu à plus faible vitesse possible. Puis, l’escalier est ouvert. Deux parachutes sont balancés par-dessus bord.
Dans leur hâte, ils commettent une erreur. En effet, l’un des parachutes réquisitionnés était un modèle de démonstration cousu et qui ne s’ouvrait pas. Une erreur d’un fonctionnaire… Tout parachutiste sérieux vérifie son matériel avant de sauter. D’autant plus s’il a obtenu ce matériel par l’extorsion. Pour les pilotes, il s’agit de jeter deux parachutes au hasard. Le reflexe vital de contrôle est omis vu qu’il n’y a pas de saut. A l’atterrissage à Reno, il reste deux parachutes et les deux sont bons.

Dès le début de l’enquête, les pilotes et les hôtesses se rendent compte qu’ils se sont fait doubler. Les billets proviennent d’un lot répertorié et sont fichés partout. Le premier qui en sort un tombera dans le filet et tous les autres avec lui. Les comparses se rendent compte que leur butin ne vaut plus rien, ils le planquent pendant deux ans.

En 1974, Ils brulent l’argent et rangent cette histoire dans un coin oublié de leur mémoire. Une liasse est gardée et jetée dans un coin de campeurs pour qu’on la retrouve et qu’elle favorise ceux qui pensent que le pirate est mort lors du saut.

2 thoughts on “Dossier NORJAK : Enquête sur le mystère du vol Northwest Orient 305”

  1. Salut, je ne suis pas réellement passionné d’avions mais je viens de tomber sur cette histoire et je n’ai qu’une seule question : pourquoi n’a-t-on pas interrogé les passagers ? Normalement ils étaient à bord de l’avion et ils ont sûrement vu à côté de qui s’est (normalement) assise l’hôtesse. C’est pour moi un point très mystérieux qu’aucun des passagers n’ait été interrogé pour essayer de reconnaître le “preneur d’otages”, et surtout voir si le portrait robot, ou l’un des commandants de bord pouvait correspondre… En tout cas vous avez un super raisonnement qui parait tout à fait possible en analysant tous les détails de la situation…

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